‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 116 sur 135 · LIVRE IX.' 2a · texte numérisé non relu

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teint, roule avec la pierre. Alamar selanct: aux créneaiix , frappe de son glaire Téchelle , qni plie sous les Catalans. Son glaive, tranchant la coupe , elle tombe avec les soldats. L'Africain furieux parcourt le rempart, renverse les échelles dressées , remplit le^ssé de cadavres; et, se faisant voir tout rouge de sang sur le sommet d une tour , il montre de loin son sabre aux Chrétiens , les appelle , les défie encore en blasphémant le nom de leur Dieu.

Ferdinand , Gortez , Médina , rallient leurs soldats épars. Le roi d*Aragon les ramène, les forme en phalanges sur le glacis, les encourage , se met à leur tête , et veut tenter un dernier effort. Mais , comme il va donner le signal , il entend derrière lui des cris , regarde , et voit un escadron nombreux de Maures , qui fond sur le flanc de ses bataillons. Les seuls Castillans résistent. L'escadron léger et terrible se serre , se rompt , se déploie , se divise dans un moment : il attaque par quatre côtés les vieilles bandes de CastilJe, les enfonce, les force à la fuite; et, plus rapide que réclair, chaque cayalier dispersé poursuit à son gré les fajards. Les Espagnols, frappés de terreur, se précipitent vers leur Tille. Cortez, Médina Ferdinand, sont en-

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traînés au milieu d'eux. Isabelle fait oiiyrir les portes , recueille ayec bonté et douleur set soldats partout poursuivis. La plaine reste jonchée de morts ; et ce redoutable escadron , qui seul a fait tant de ravages, se rôjant maitxe à^ champ de bataille , se remet en ligne dans un instant, s'approche des murs de Grenade, où le peuple en foule s'est rassemblé. Non loin des remparts l'escadron s'arrête ; le chef se détache , s'avance , et dit ces paroles aux Grenadins :

Musulmans, jadis nos frères 7 et dont l'injustice a brisé les liens qui nous unissaient , vous revojez les Abencerrages : peut-être leur pardonnerez - vous de paraître ici malgré votre arrêt? Nous venons teindre de notre sang les murs dont nous sommes chassés; nous reviendrons encore les défendre, mais nous n'j rentrerons jamais. Jugez, jugez, par cette victoire , de ce qu'eut fait pour vous notre tribu , commandée par Abenhamet. Vous avez égorgé ce héros , vous avez voulu livrer aux flammes l'innocente Zoraîde : voilà les crimes affreux que nous ne pouvons oublier* Quant à vos outrages envers nous , vous venez devoir, Grenadins, comment se vengent les Abencerrages.

Ainsi parle le vaillant Zéir. Son noble es-

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