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les béantes de l'Afrique et de riLérie , sort au milieu d*uii peuple efirajé , demeure éperdue à laspect du carnage , et , tremblante , tombe à genoux sur les degrés du palais des rois. Les bras étendus yers le d^l , le visage baigné de larmes , elle inroque BWout-Puissant , lui demande avec des sanglots d'éloigner ce guerrier terrible qui marche suivi du trépas. Au même instant Gonzalvc paraît , le glaive à la main , tout couvert de sang , se frajant une large route k travers les victimes et les fuyards.
Il court, vole , volt la princesse , et son
épée reste suspendue ; sa main arrête son coursier fougueux. Immobile d'admiration, il contemple ces traits ravissans que la douleur semble embellir encore^ ces yeux dont le brillant azur attendrit et brûle à la fois , et ce iront où la majesté s'unît à la pudeur timide , et ces longues tresses d'ébène, dont la moitié flotte en désordre, mêlée avec un voile de pourpre, dont l'autre, abreuvée de pleurs, toiid>e et repose sur le marbi:e. Toutes les grâces réunies, tous les attraits dont la nature se plait h parer l'aimable vertu , ornaient la jeune Zuléma. Toile, et moins belle pcuttec, parut la sensible Gbimène lorsqu'elle Tint nnplorer son roî contre un héros qu'elle adorait. *
so6 GONZALVE DE CORDOUE.
Gonzalye , frappé d'un trait dont la hktê* sure doit être éternelle , enivre ses jeux et son cœur des doux poistfnsde l'amour. Il tremble, il soupire , il brûle ; il sent son âme toute entière pénétrée d'un feu dévorant. Oubliant à la fois Grenade , 9|||uerre , les dangers qu'il court , il va descendre de son coursier , il va rassurer la princesse : mais les ennemis ralliés fondent sur lui de tontes parts. Mille coups redoublés sur ses armes Tarrachent k ses tendres pensées. Il revient à lui, veut combattre, et ne retrouve plus sa première ardeur. Il cède au nombre , il se retire en regardant toujours ' Zuléma , en repoussant d'une faible main les atteintes qui le menacent, en négligeant sa gloire et sa vie pour jeter encore un coupd'œil à celle qu'il ne peut quitter , à celle de qui désormais vont dépendre ses deslinéet. Il sort enfin , vaincu , subjugué , de cette yiUe où naguère on l'avait vu pénétrer comme un indomptable conquérant.
Depuis ce jour , le triste Gonzalve noucrit un amour sans espoir dans les chagrins et dans l'amertume. Il ignore le nom de celle qu'il aime : il tremble qu elle ne soit Tépouse ou Tnmante de quelque héros ; et , quand sa crainte serait vaine, peut-il se flatter de lui plaire, loi le plus terrible ennemi de sa rolt-
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gion , de son peuple , lui le fléau de Grenade, et qui s'est offert devant elle le bras teint da lang de ses défenseurs ? Il n*a pas levé sa visière; elle n'a pu Kre dans ses regards son amour, sa douleur profapde , le repentir de ses exploits. A peine ose^P conserver l'espoir de la sfevoir encore : mais , sans cess^ avec son image^ il la porte partout avec lui : dans les combats , dans le repos , dans le tumulte , dans la solitude , il voit toujours cette image adorée; il contemple cette beauté céleste à genoux devant ce palais, élevant ses iftains, ses jeux vers le ciel ; il entend sa voix gémissante; il distingue ses tendres accens, et croit recueillir de ses lèvres les larmes ç[ui couvraient son visage.
Heureuseâient pour Gônzalve / la douce amitié partage ses maux» X.ara , le sensible L'ara, aime Gônzalve plus que la vie, autant que la gloire. Unis dès leur première enfance, élevés dans la même ville , ou feintât dans les mêmes camps , ils apprirent ensemble à combattre, ils marcbèrent d'un pas égal dans la carrière des héros, Jaipais ils n'eurent un sentiment qui ne fikt commun à tous deux ; toujours les intérêts , les désirs de l'un occupaient , tourmentaient son ami plus fortement que lui-même. Ils ne s'estimaient k leurs pro-
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près jeux que par les vertus de cçlui qu'ib aimaient. Si Lara connaissait l'orgueil, c était en parlant de Gonztlye : si Gonzalye cessait d'être modeste, c'était en racontant les exploits de Lara. Leurs âmes se cherchaient sans cesse; elles ne possédaienl^utes leurs facultés qu'après s'être rencontrées : jusqu'à cet heureux moment rien ne pouvait les toucher ; et leurs plus secrètes pensées étaient un poids audessus de leurs forces , dont ils couraient sa délivrer en se les communiquant-. Ainsi deux peupliers nouveaux s'élancent de deux tiges voisines, croissent en unissant leurs branches, s'appuient l'un sur l'autre, s'élèvent ensemble, confondent leurs jeunes ombrages , et dominent les bois d'alentour.
Oh ! combien ils versèrent de larmes lorsqu'il fallut se séparer ! combien leurs adieux furent tendres! Ils se pressaient mutueUement contre leur sein , se quittaient , revenaient s'embrasser encore. Leurs cœurs, que les plus terribles dangers n*avaicnt jamais effirajés, tremblaient pour les moindres hasards qui pouvaient menacer leur ami. GouzaWe demandait à Lara de ne point chercher les périls pendant l'absence de son frère; Lara supplisit Gonzalve de modérer sa fierté naturelle à !• cour d'un roi perfide et cruel. Tous deux invi-
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takfnt Isabelle à consentir qu'ils panissent eniegMe : ttaîs l'armée, trop affïiiblie, avait besom d*an de ees héros. CronialTe fut forcé de mettre à la Yotle. Depuis ce &meste mo->> ment, Lara, sans ardeur, sans courage, se
• croit Mul au milieu èti camp. Le son de U trompette ne l'excite plus : il ne désire plus de yaincre , son ami n'en jouirait pas. Solitibe , 80iid>re , flaïrouche , il fiiit ses rois , ses craipagnons ; il cherche les lieux écartés ; il ^çrayit. les hautes montagnes pour jeter los jeux sur la mer d'Afrique. €'est Ik que Gon<salre respire; o*est là que, plus à plaindre encore, exilé loin de sa patrie, loin' de son mi , knn de son amaifte , Gônzalvè soupii^ , s'irrite , compte les momens qu'il ne- peut hiter, et déchire sans cesse un cœur dOnt le ; temps accroît la blessure. \
• Tout ce qu'il -voit autour de lui vient ajouter k ses tourmens. .Sur une terre aride et brûknte, semée de quelque» palmiers, se tjraîno ^ an peuple d'esclaves soumis à un despote ftzoce. Le malheureux Africain arrose vainc-
^ . nsnt de ses sueurs' le sillon desséché qui doit c L iMHinIr ta famille ; ses moissons jaunissent à peine, que des nuées de sauterelles viennent •««n seul jour les dévorer. S'il échappe à ce %tu terrible , it ne peut échapper aux visiv»^,
»to PONZÀLVE DE CORDOUE^ aux gonyetnenrs rois des proyinees /qni , pM^ { sant tour à tour et rapidement de leur trftne à l'échafatid , du diadème au cordon , se kâtent de 8*engrai89er du sang des peuples , d'accormuler assez de trésors pour acheter l'impunité. Le souyerain de ces nombreux tjrâns s endort dans rindigne mollesse , s'abrutit dans été ^, ^^ plaisirs infâmes , ou ne se souyient qu*ii est roi que pour commander le meurtre. Ses désirs les plus effrénés , ses volontés les plus atroces , deyiennent , en passant par sa bouche , les lois sacrées de l'empire. Ses sujets , youés au malheur, trayailient, meurent à son gré. Leurs biens , leur» femmes , leurs jours , lui apparu tiennent à tous les instans. Sur un indice , ils iont dépouillés ; sur un soupçon , leurs tetei voient. Dans ces barbares régions le sang àeê hotnmes est moins cher que l'eau dont le ciel est ayare; et le monarque remplit ayec joie l'horrible fonction de bourreau.
Telle est la cour où le plus sensible , le plus généreux des mortels est forcé de passer des jours qu'il voudrait retrancher de sa yie. En yain il s'indigne , il menace , il porte ses plaintes à Séid lui-même ayec cette liberté fière, premier besoin de tous les grands coenrt; Séid , qui le craint /échappe à sa yue , se cache an fond de son sérail. Les visirs , acetutumés
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