‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 126 sur 135 · LIVRE X. a · texte numérisé non relu

LIVRE X. a

Il marche, arrive ayant la nuit à peu de distance de Garthame. Il cache ses guerriers dans un bois, leur ordonne de prendre du repos. Seul , monfS sur unei colline , il examine de loin la place, et la découvre au milieu d'un roc ^ui domine les monts d'alentour. Un sentier étroit et rapide , que peut à peine gravir tin coursier, conduit à ses portes de bronze. Les créneaux , taillés dans la pierre , «'élèvent sur des précipices que l'œil ne peut mesurer. Un torrent Airieux roule avec fracas au pied du rocher qui porte Garthame. La cime immense de ce roc va se perdi*e jusque dans les nues , s'avance par-dessus la ville , et senAle vouloir la défiendre contre les attaques du ciel.

Gonzalve n'arrête ses yews. que sur .cet effirajant rocher; il croit tout possible au courage , il connaît celui de ses Âsturiens. U observe d'un regard sûr la position des mont»gnes, suit, sans le voir, dans leurs intervalles , le rapide cours du torrent , juge où son lit élargi doit en rendre aisé le passage; et , certain de ce qu'il présume, il revient trour ver ses guerriers.

Nd^les descendans , leur dit- il , de ces vénérables Chrétiens qui , retirés dans des cavernes , sans autre secours que Dieu et leur

ai.

ui6 goiïzalve; de cordoue.

ccenr, sauvèrent notre patrie du joug 3e5" Maures, ce Dieu juste permet qu'en ce jour les usurpateurs soient enfin réduits à l'asile que TOUS aviez «lors. Je Vous ai choisis sur toute l'armée pour venir le leur arracher, pour assurer la ruine de Grenade , pour faire répéter à l'univers que l'Espagne doit toujours les triomphes aux indomptables Asturiens. Vous voyez cette roche immense qui porte sa . tête dans les nuages , l'aigle craint de s'y t»poseï : c'est là que vous irez vaincre. Que la moitié de vous reste avec moi; que Tautre, ' conduite par Pegnaflor, aille au loin tourner la montagne , je lui tracerai son chemin. Vous parviendrez à ce sommet : où ne parvient pas la constance ? Vous allumerez trois feur pour m'instruire de votre arrivé!©, vous chargerez vos frondes de pierres , et vous Attendrez mon signal. ;

Il dit. Les Asturiens , pleins d'ardeur, jurent de gagner la cime du roc. Tous veulent tenter l'entreprise : le héros , pour les accorder, promet des périls à ceux qui resteront. Il conduit k l'instant Pegnaflor à la colline d'où l'on découvre les sinuosités du torrent , il lui déve-> loppe ses hardis projets. Pegnaflor, instruit, choisit trois mille hommes , les plu» forts et les plus adroits, leur fait prendre pour denx

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