LIVRE X. :t',€t
sous YOS ruines , ou signez la paix glorieui>« que je y^us offre comme à des amis.
Omar étonné regarde le mont, et rroit sa cime occupée par les trois mille Asturiens. Il ne peut en croire ses yeux : interdit, muet, immobile , il pense faire un songe funeste. Enfin , forcé d'ajouter foi au prodige qu'il ne conçoit pas, il répond au héros avec moins d'orgueil , et lui demande quelques instans pour aller instruire ses frères.
Bientôt les remparts sont déserts , un af^ freux silence règne dans la ville. L'impatient Gonzalye fait sonner ses trompettes , se prépare à gravir le mont , lorsque des portes de Carthame il voit sortir le vaillant Zéir, Osman , Omar et Vélid , avec les principaux des Abencerrages. Ils viennent à lui sans armes , le front non baissé, mais couvert de la rougeur des héros. Ils s'avancent d'un pas lent et calme. Gonzalve marche au-devant d'eux; Zéir lui adresse ces mots :
Tu nous as vaincus , Gonzalve ; sois sûr que nous saurions mourir, si nos femmes^ si nos enfans pouvaient éviter notre sort ; mais nous cédons à la nature , à la fortune , à ton ascendant. Nous venons te rendre Carthame , nous ne demandons que la liberté. Qu'il soit permis à notre famille de suivre toujours sa religion ,
%So aOlCZALYE DE GOADOUE.
d*habiter en paix les campagnes que Ferdinand voudra nous donner : à ce prix , nons sommes ses sujets fidèles , je te remets nos clefe et ma foi.
Gonzalye , lui présentant la main , accorde plus qu*il ne demande. 11 traite ayec honneur les Abeacerrages , monte au milieu d'eux à Carthame , entre dans la yille conune un allié , prescrit k ses Espagnols la discipline la plus sévère , et leur prodigue les récompenses pour leur faire oublier qu'ils sont vainqueurs. Pe-^ gnaflor devint gouverneur de la nouvelle conquête; le héros lui laisse les six mille Astur^ns , et seul , suivi des Abenceirages , il re-< prend la route de Santa-Fé.
Lara n'osait l'attendre encore) et cependant chacnie jour Lara venait au-devant de lui. B« loin 11 aperçoit Gonzalve ; il vole , le serre Ion g-temps dans ses bras , e£<con temple le noble cortège dont son frère est environné. Il s&lue les Abencerrages , leur cache une joie qui peut les offenser; et différant , par respect pour eux, de parier à son ami de sa victoire , il court les annoncer aux rois.
L'heureux Ferdinand, l'auguste Isabelle , peuvent à peine cacher leur surprise. Us reçoivent les nouveaux captifs conune d'an^fens sujets qu'ils chérissent. Us confirment le traité