LIVRE X. a
cent solâats se frappent dans le même instaa|« Leï Léonais , les Alabez , les regardent, glacés de crainte. Tout autre combat reste suspendu; tous les jeux, toutes les âmes sont attachés sur les deux guerriers.
Presque dépouillés de leurs armes , ils paient avec le seul glaive. Fatigués , mais non moins ardens , ils se rapprochent toujours davantage; mais l'Espagnol pousse l'Africain jusqu'au parapet du rempart. Alamar, qui ne peut plus fuir, se jette alors sur son ennemi , le joint corps à corps , l'entrelace et veut l'étouffer (dans ses bras nerveux. Gonzalve le reçoit, le serre, le presse sur son sein d'acier, redouble d'efforts , 1 ébranle comme un chêne immense que retient la terre , et le renverse sur le parapet. Il veut achever sa victoire , il le précipite du haut des murs; mais Alamar, qui le ' tient lié , l'entraine dans l'horrible chute. Tous deux tombent au milieu des flolf , qu'ils font jaillir dans les airs ; tous deux 80n( abimés sous l'onde, «t reparaissent bientôt séparés. Armés de leur terrible glaive, qu'une chaîne attache à leurs bras , ils nagent d'une main , s'attaquent de l'autre avec une rage nouvelle, et teignent les eaux de leur sang* Celui d'Alamar coule en abondance , sa force ne sert jplus sa ^reur. Gonzalve s'en aperçoili
a6o GOirZALVE DE CQRDOUE: "^ •t sent redoubler la sienne. Il s'abandonne* sur son enbemi, le joint, le saisit, frappe à br gorge, retire son glaiye et l'enfonce encore.' Ibua deux disparaissent une seconde fois : nn sang noir boniUonae au-desst» des flots; mais,; an bout de quelles instans , on voit Alamar, les bras étendus , flotter au milieu des ondes rougies. Le héros vainqueur regagne la riye , marche vers la brèche sans reprendre haleine, • et vole vers, la prison.
Il arrive avec des flambeaux', brise les portes d'airain , pénètre jusqu'à la princesse , qui n'attendait plus que la mort aux genoux de Mulei-Hassem. Vous êtes libre, s'écrie Gonzalve en s 'élançant à ses ^(«ds-, Â.l9mar n'est plus, vous êtes vengée.... Et vous, respectable vieillai^, vous à qui je dois la vie, pardonnez les tristes exploits que me prescris vait mon devoir. J'ai servi mes rois, ma patrie : quitte envers eux, non envers vous , disposer à présent de mon sort. Voulez -vous honorer Ferdinand , ^en recevant de lui les respects que votre vertu mérite? Voulez- vons foir de Grenade captive , et vous exiler dans d'autres climats? Je peux tout, et je veux tout. faire pour adoucir vos malheurs , pour vous suivre comme un esclave , pour obtenir de votis un