‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 15 sur 135 · LIVRE I. ' ii · texte numérisé non relu

LIVRE I. ' ii

an doax espoir d'embrasser bientôt son ami , de rerser dans soa tendre cœur les tonrmens que le sien a sonfferts. L'idée de se rapprocher des Jieux halùtés par celle qu'il aime , d'j pénétrer peut-être encore, de la retrouver pré» de ce palais , de défendre , de sauver sa vie , et de la forcer à la reconnaissance avant de Finstraire de son amour, toutes ces chimères dont se nourrissent les amans , toutes les possibi* lités qu'ils regardent comme vraisemblables , occupaient seules Gonzalve, lorsque tout h coup , près de son palais , se fait entendre un luth espagnol. Ces sons si connus du héros lui rappellent sa chère patrie , captivent son attentioQ. 11 écoute; une voix tremblante chanta en castillan oes paroles :

BnAV^ guerriers, tendres amans,

Ife dédaignez pas la prudence :

Souvent la gloire et Vinnocence

Succombent aux traits des méchans ; ^

La trahison suit en silence

Les pas des héros triomphans.

Bcaves guerriers' , tendres amans ,

Ne dédises pas la prudence. '

Taudis que, sous ces palmiers vaits,

Du printen^ le chantre volage

Ravit les échos du bocage

ftir ses doux et brillans ooneeils , ' 'J >

a i4 "GpNZ ALVE DE CORDOUB.

Le mHan , qui d'un roc s'élaiiee , L'iiniBoIe au milieu de tes chaule. .

Braves guerriers, tendres amaos, P^e dédaignez pas la prudence.

J'ai vu le roi des animaux, Poursuivant le chasseur timide, Passer sur la fosse perfide Qu'on a couverte de rameaux :

Il tombe , il périt sans défense , Frappé par des vainqueurs trembians.

BAives guerriers , tendres amans , ^^e dédaiguez pas la prudenoe.

Gonzalre, surpris' d'entendre sa langae, Attentif au sens des paroles qui semblent iV dresser à lui , jette les jeux sur la place insnense où soq palais. était élevé* 11 découvre, k la clarté de la lune , un vieillard dont li barbe blanche descendait jusqu'à la ceinture, couvert d'un habit de captif, traînant la ehaino de l'esclavage, et s'écbappant du laiUen dd Maures que son luth avait attirés.

Intéressé pour ce vieillard, le héros detcend dans la place, joint le captif. Tinter^ roge, et lui demande en castillan si TEapigne n*est pas son pajs. Je suis Espagnol , lui r^ pond l'esclave Biais on nous observe , je Bf , pnit parler. Si Gonzalre aime sa. patrie^ f'il |

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