‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 16 sur 135 · LIVRE I. ai · texte numérisé non relu

LIVRE I. ai

Teut la sauver cC^un affîreux inalhe{ir , qu'il se rende sur l'heure au jardin des Palmes^ >

A ces mots, le yieillard le quitte. et* dispa- Fait à ses j-eux*

Gonzalye demeure immobile et incertain de ce qu'il doit résoudre. Il sait que le Maure est perfide : il est seul , désarmé , dans la nuit. Soiyra-t-il un esclave inconnu ? Peut-il croire que dans ses mains soit le salut de l'Espagne ? Mais cet esclave est un vieillard, un Espagnol , un in£>rtuné : ce seul sentiment décide Gonzalve. Gon£»ndu dans la feule du peuple, il marche au jardin Ides Palmes, lieu solitaire et désert , renfermé dans la ville même.

Le vieillard l'attendait à l'entrée. Dès quil aperçoit le héros, il court, et tombe à ses pieds.

O la gloire de ma patrie , dit-il , en rcspi- TtAt k peine 1 è le vaillant fils de mon maître , jf tauverai donc vos jours précieux 1 Ah! pardonnez à. ma joie ; souffi-ez que des pleurs de tendresse baignent' vos triomphantes mains. > Hélas ! vous me considérez avec .une froide surprise , et je m enivre avec délices du boaheur de vous contempler ! Vous ne pouvez pas me connaître , et je vous aime depuis si longteiapt ! Je suis Pedro , je suis l'ancien serviteur du noble comte votre père. Je l'ai servi

aiG GONZALVE DE Cgiy[)OTJE. • pendant qi^irante années ; fe lai suivi clans cent combats : je vous ai. vu naître, Goa* zalve , je vous ai porté dans mes %ible» bras ; mais vous étiez encore au berceau lorsque j* devins prisonnier des Maures. Vendu pifr eux au roi de Fez , je suis esclave depuis vingt ans ; et dans cette longue suite de jours douloureux, un seul ne s'est jamais passé sans que Pedro donnât des larmes à la mémoire de votre père , sans qu'il s'infermàt de son di^e (ris aux Espagnols conduits dans nos prisons. Par eux j'appris «tous vos succès; ils me donnèrent la force de vivre. Je vous vois en6n , je vous vois', j embrasse les genoux deGonzalve, je vais larracher à la mort. Je te bénis, 6 mon Dieu ! ce seul bienfait est au-dessus de tous les maux que j'ai souûerts.

11 saisit alors la main du héros , qu*il presse contre ses lèvres. Gonzalve attetfdri l*«nbrasse , donne de nouveaux regrets k son père , et demande quel est ce péril dont Pedro le croit menacé.

Seigneur, ajoute le captif, je le tiens de leur bouche même; ces monstres ont- trahi devant moi leur détestable secret. Condamné au travail des jardins , je me reposais sous un buisson de lianes. Le roi , suivi de son visir, s'est arrêté près de ce buisson. Es-tu certain.

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