‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 20 sur 135 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

TEin»iES sentiinens de Zuléma pour^onzalve, qu'elle croit im prince africaiii. Secours donnes à ce héros. Zulëma lui raconte l'origine des malheurs de Grenade. Elle décrit cette superbe viDe, le pays enchanté qui Tenvironne , les mœurs , la galanterie des Maures, le règne de Mulei-Hassem. Description de l'Alhambra , du Généralif . Caractères des Abencerrages et des Zégris. Divisions entre ces deux tribus. Mulei-Hassem aime une captive. Portraits d'Almanzor et de Boabdil Hymen d'Almanzor et de Moraime. Fêtes à Grenade. Jeux des Maures. Trahison des Zégris. Boabdil est proclamé roi Fidélité des Abencerrages. Mulei-Hassem cùde la. couronne à son 61s.

^U qu'il est doux pour un cœur bien né d'être obligé d'aimer ce qu'il aime , de pouvoir satisfaire à la fois et sa tendresse et sa vertu I La seule reconnaissance , si chère pour les belles âmes , suffît à leur félicité ; mais quand l'objet qui la fait naître nous attire encore par d'autres liens, quand le bienfaiteur est aimable , et qu'un charme secret vient se joindre à l'impressioBt tendre que laissent les <^nï«lv€{. I.' ao

a3o GON^ALVE DE CORDOUE.

bienfaits , nul bonheur ne peut égaler- celui que procurent ces deux sentimens ; nulle jouissance ne peut valoir Theureux accord d'un plaisir pur avec un devoir sacré.,

Zuléma goûtait ce bonheur. Elle est arrivée avec le héros à sa retraite paisible ; elle a pris soin de le placer dans le plus beau de ses appartemens. Sans cesse occupée de cet inconnu , sans cesse interrogeant les deux vieillards, elle va chercher elle-même les simples qu'ils lui indiquent, elle les prépare de ses mains. Gonzalve , trop faible , ne peut exprimer Témotion qui remplit son âme ; mais des larmes de joie coulent sur ses joues : il chérit , il bénit ses blessures , et fait des vœux au fond de son cœur pour qu elles ne guérissent de longtemps.

Déjà les savans vieillards ont levé le premier appareil. Zuléna , respirant à peine , les jeux fixés sur leurs jeux , la crainte et l'espoir sur le front , n'ose les presser de parler. Elle brûle cependant , elle tremble d'être instruite. Rassurée sur les jours du héros , elle ne contient plus sa joie. Présens , promesses , bienfaits , tout est prodigué par elle. Pénétrée d'un sentiment qu'elle croit de la reconnaissance , elle se livre sans réserve à des transports qu^elle peut avouer.

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