‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 23 sur 135 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

par son exemple , les rendit encore plus coinmunes , plus chères à sa nation. Déjà fameux par sa valeur , il prît la ville de Jaën , et força l'altier Castillan à si^er une paix durable. Alors tons ses soins furent pour son peuple. Notre gouvernement despotique, si funeste sous tant de monarques , devint pour mon père un mojen de plus de rendre ses sujets heureux. Les grands de lempire connurent enfin qu'ils étaient soumis à sa justice , qu elle était la même pour tous. Le cultivateur , opprimé jusqu'alors , recueillit en paix ses moissons ; les troupeaux couvrirent nos vertes montagnes ; les arbres , les plantes utiles se multiplièrent dans nos champs ; la terre , si féconde dans nos climats, étala partout ses trésors ; et le rojaume de Grenade , favorisé par la nature , gouverné par un prince sage , cultivé par des mains laborieuses , semblait être un vaste jardin dont une famille innombrable pouvait à peine consommer tous les fruits. Vv/

Apresiivoir assuré la félicité de ses peuples , mon père, enrichi lui-même de l'abondance de ses sujets , voulut se délasser avec les arts et les employer à sa gloire.! Les mosquées revêtues de marbre , les aqueducs de granit

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3i36 GONZALVE DE GORDOUE.

s'éleyèrent de toutes parts. Le fameux palais de TAlhambra, commencé par l'Emir al Mumenim, fut achevé par Mulei-Hassem ; et ce monument de magnificence l'emporte même s or les prodigçs qu enfante l'imagination. Là , des milliers de colonnes d'albâtre soutiennent des voûtes immenses , dont les murs , couverts de porphjre, éclatent d'or et d'azur. Là, des eaux vives et jaillissantes forment , an milieu des appartemens, des cascades d'argent li^de, vont remplir des canaux de jaspe , et serpoiteat dans les galeries. Partout le doux parfiim des fleurs se mêle à celui des aromates , qui , brûlant toujours dans les souterrains , «'exhalent du pied des colonnes , et viennent embaumer l'air qu'on respire. Des jours méjiagés sur la ville , sur les bord» enchantés des deux fleures , sur les montagnes d<»^jge , présentent à l'œil étonné des tableaux variés sans cesse. Toat ce qui flatte les sens , tout ee que l'art et la mture , la magnificence et le goût , peufent réunir pour la volupté , se trouve joint dans et beau séjour aux ché!f»4d*œavre^qni ehaitieot l'esprit. A côté des eaux bondissantes , an Mlien des riches sculptures , vis-à-vis des nperbes vues , on a gravé sur le porphjre !•* vers de nos poètes arabes. Dans le parvis de ta

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