‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 24 sur 135 · LIVRE II. a · texte numérisé non relu

LIVRE II. a

salle immense où le roi rend la justice , on Ut sur la porte cette inscription :

Cbime, pâlis d'efiîroi , craios mou regard sévère : Le ciel, lent à punir, tonne et frappe à la fin. ' Rassure-toi, triste orphelin, Ici tu Tas trourei: un père.

A l'entrée die l'appartement où la reine rassemble les beautés de sa cour et les guerriers de notre armée , on a tracé ces vers en lettres d'or :

Ici la beauté, la pudeur, Les jeux , les ris , la politesse.

Font naître et couronnent sans cesse La gloire, l'amour et l'honneur.

Ici la plus chère faveur Ne coûte rien à la sagesse :

L'amour est exempt de faiblesse..

Et le courage de fureur.

Vaincre suffit à la valeur, Plaire suffit à la tendresse.

Ce lieu de délices est environné d'un jardin (dus délicieux encore , dont la touchante simplicité contraste avec le luxe du palais ; c'est le iameux Généralif , célèbre dans l'Afrique et l'Asie , l'objet de l'cnyie des puissans calife* i qui, dans le Caire, dans Bagdsud, ont vainement tenté de l'égaler.

a38 .GONZALVE DE CORDOUE.

En y pénétrant , on n'est point surpris ; les veux, satisfaits ne rencontrent point ces efforts de l'art, ces brillans prodiges, qui plaisent moins qu'ils n'étonnent, et rappellent seulement l'idée de la richesse ou du pouyoir : tout y présente , au contraire , l'image de ces biens fi^ciles qu'on n'admire point, mais dont on jouit. Des bois d'orangers et de myrtes coupent des plaines de verdure arrosées par des eaux limpides. Ces bois, plantés ayec adresse, cachent, découvrent tour à tour les perspectives lointaines, les rians villages, les champs cultivés, les glaces accumulées sur les monts, les palais ,' les monumens de Grenade. A chaque instant , des coteaux fertiles vous offi^nt } la vigne , l'olivier sauvage , les lilas , les grenadiers, entrelaçant leurs fruits et leurs fleurs. Tantôt une cascade bruyante se précipite du haut d'un rocher; tantôt un ruisseau tranquille sort en murmurant d'une touffe de roses. Là c'est une grotte écartée où flltrent plusieurs sources d'eau vive j ici c'est un bocage sombre où voltigent mille rossignols; partout enfin un aspect différent , une jouissance nouvelle , font éprouver à chaque pas un sentiment doux ou un plaisir pur.

C'est dans cet aimable et superbe asile que mon père, Mulei-Hassem , a régné long-temp»

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