‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 29 sur 135 · LIVRE n · texte numérisé non relu

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étincelle devait tout à coup produire un grand embrasement. Le roi , se défiant toujours d*un Ifils dénaturé qu'il n'osait punir , conclut une trèye arec l'Espagnol , et déconcerta les Zégris en licenciant son armée.

De retour dans la capitale , Mulei espéra calmer les esprits , détourner sa cour des factions, en donnant un aliment plus noble & cette inquiétude fougueuse , à cette étemelle inconstance , qui , de tout temps , ont caractérisé le Maure. Les fêtes , les tournois , les jeux, jadis si communs à Grenade , se renouyelèrent par son ordre. En prgie à sa douleur profonde , pleurant toujours sa chère Léonor, il était peu capable d'y prendre part ; mais sa sagesse Toulait occuper une belliqueuse jeunesse , et prévenir une gueiTC civile dont la seule idée faisait frissonner son oœur sensible et paternel.

L'bymen de mon frère amena ces fêtes. Depuis long-temps le brave Almanzor brûlait pour la belle Moralme , de la tribu des Abencerrages. Moraime aimait Almanzor. Eh! qui n'autait pas accepté l'hommage du plus vaillant , du plus vertueux des princes ?; La jeune Abencerrage consulta sa mère , lui confia le secret de son cœur ; et sa mère lui permit de l'avouer à son amant. Depuis ce jour, la tendre Moiaime ne vivait , ne respirait plus que pour

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le héros maître de son âme. Jamais le moindre soupçon, jamais la plus légère que^relle nV valent troublé leurs constantes amours. Sûrs Tun de l'autre, pénétrés tous deux d'une passion fondée sur la parfaite estime , certains que lunirers se serait détruit plutôt que lun des deux pût changer, fis attendaient leur hjménée ayec cette douce impatience que tempère le bonheur présent. Ils n'ignoraient pas qu'ils seraient plus heureux : mais ils l'étaient assez de cette espérance ; ils Tétaient assez de se yoir tous les jours , de se parler de leur tendresse, de s'encourager mutuellement à de nouvelles vertus. C'étaient pour eux des plaisirs si doux, que leurs âmes pi:^s et chastes n'en imaginaient aucun qui jamais pût les sui*passer. ^^ .

/ Le roi voulut les unir et déployer à cet hy- ' 'menée toute sa magnificence. Moraîme, couverte d'un voile enrichi de perles , vêtue d'une étoffe d'or brodée de pierreries , fut promenée dans la ville , selon l'usAge de n^tre nation , sur un superbe coursier qu'accompagnait une troupe de fenunes. Les joueurs d'instrumens la précédaient. Elle était suivie d'une foule d'esclaves portant dans des corbeilles ornées de fleurs les tissus de Perse, 1^ voiles indiens, les riches parures de la jeune épouse. C'est

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