‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 31 sur 135 · LIVRE IT. aSi · texte numérisé non relu

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dans l'espoir d'augmenter leur courage, sa^ crifiérent leur propre orgueil.

A peine le soleil ayait doré le sommet des palais de Grenade, qu'un peuple immense, mêlé d'étrangers attirés par le bruit de la jféte, vînt occuper mille gradins rangés dans la .place de Yivarambla. Au milieu de cette yaste enceinte, qtii peut aisément contenir yingt' mille guerriers en bataille , on yit s'éleyer un brillant palmier , chef- d'œuvre de sculpture et de richesse. Sa tige était de bronze , et son feuillage d'or. Sur une de ses longues feuilles , une colombe d'argent , qui la faisait pencher par son poids , soutenait en se balançant la bague qu'il fallait conquérir. Quand cette bague était enleyée , une nouyelle , par l'art de l'ouyrier, sortait du bec delà colombe, et se présentait d'elle-même. Au pied du palmier on yojait une enceinte réservée aux juges des prix , aux timbales , aux instrumens qui deyaient annoncer la yictoire. Des balcons couyerts d'étoffes précieuses, surmontés de dais magnifiques , étaient destinés au roi , à sa funiUe , à sa cour; et mille fenêtres ornées de guirlandes, occupées par les plus belles de nos jeunes Maures, formaient autour de la place un spectacle superbe et charmant.

Déjii les juges ont pris leurs places ; déjà

aSa GONZALVE DE CORDOUE.

Mulei est arrivé dans toute la pompe du trône, tenant par la main Moraime , resplendissante de diamans. Le peuple, séduit en secret par les perfides Zégris, ne fit pas éclater, en yojant son monarque, ces transports de joie et d'amour qu'il lui témoignait autrefois. L*âme de Mulei en fiit pénétrée , des larmes coulèrent de ses jeux; et se retournant yers mon frère, qui le suivait avec moi : Mon fils , lui dit-il , j'ai trop vécu , ils ont cessé de m'aimer. Noui prîmes aussitôt ses mains , que nous serrâmes avec tendresse. Il s*assit au milieu de nous; sa cour l'environna , les balcons se remplirent; et , des quatre barrières de la place , le bruit des trompettes qui se répondaient nous annonça les combattans.

Ils entrent par différens côtés , divisés eu quatre quadrilles. Les Abencerrages formeat ,1a première. Yètus de tuniques bleues brodées d'argent et de perles , montés sur <]es coursiers blancs , dont les harnais sont couverts de saphirs, ils portent à leur ttirban l'aigrette bleue, couleur affectée aux Abebcerrages , et sur leurs boucliers, un lion enchainé par une bergère, avec ces mots : Doux et terrible^ devise célèbre de leur tribu. Tous à la fleur de l*âge , beaux, biillans , remplis d'espoir et de cette noble ierté que tempère la politesse, ils s'avancent

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