‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 33 sur 135 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

ils veulent aller prendre leurs cuirasses , ils a% précipitent vers les barrières ; mais les Zégris les poursuivent , les pressent , les immolent dans rétroit passage. G*en était fait , dans c« jour affireux , de cette vaillante famille , si mon frère , qui s*était armé , n'avait tout à coup [paru dans la place , et , soutenant seul Teffort des vainqueurs, n'eût favorisé les Abencerrages. Les Zégris s'échappent par une autre issue , se répandent par toute la ville , criant : Aux armes ! aux armes ! Vive notre roi Boabdil I Mulei-Hassem cesse de régner! Le peuple, acheté par eux , grossit leur troupe rebelle ;: ' Grenade se soulève en un moment. Les portes des maisons se ferment , cent mille lances brillent dans les rues , des cris affreux remplissent les aîra. Boabdil , au milieu des Zégris , attise le feu de la révolte ; il est proclamé roi par les factieux , et marche au même instant à l'Alhambra , suivi 'd'une troupe innombrable.

Molei-Hassem s'était retiré dans ce palais , presque seul avec sa Êèmille.Nous le pressions dans nos âdbles bras , nous cherchions à la rassurer y tandis qn*un efiroi mortel nous ôtait la voix et les forces. Ce bon roi , sans crainte pour lui même , n'était occupé que de ses sujets; c'était pour eux seuls^qu'il versait des

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larmes *et qu'il implorait rÊtemel : O Allah, i*écriait-il , en éleyant ses bras tremblans, brise mon sceptre , mais sauve moa peuple : pardonne -lui ses fureurs; on le trompe , ou l'entraine au crime : ne le punis pas , 6 Dieu de bonté !

Almanzor songe à nous défendre : il rassemble les gardes épars , donne des armes aux esclaves , fait fermer les portes de TAlhambra, dispose des archers sur les tours , et luimême , au-dessus de la plate-forme , se montre appuyé sur cette lance qui fait trembler les Zégris.

Bientôt il voit arriver les braves Abencerrages , couverts de l'acier brillant , transportés de fureur et d'Indignation. Les Almorades, les Alabez, d'autres tribus fidèles à leur roi, viennent mourir ou le défendre ; et dédaignant d'attendre l'ennemi derrière les murs du palais , iU se rangent devant les portes» Almanzor vole au milieu d'eux : mille cris s'élèvent en vojant ce héros^ D'autres cris aussitôt leur répondent ; et les Zégris , les Vanégas , les Gomèles , avec Boabdil' , paraissent , suivis d'un peuple effréné.

L'aspect d'Almanzor les arrête. Un prol&»nd silence succède au tumulte : ils hésitent à porter leurs mains sur le héros de Grenade, cur

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