‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 34 sur 135 · LIVRE H. a · texte numérisé non relu

LIVRE H. a

le digne objet de leur admiration. Mais , ranimés par Boabdil , ib serrent leurs rangs , ils baissent leurs lances ; et les trompettes de part et d'autre vont donner l'horrible signal , lors- ^'on Toit s'ouvrir tout à coup les portes de l'Alhambra. Mulei-Hassem , tenant dans ses mains le sceptre avec la couronne , s'avance entre les deux armées.

Arrêtez,, s'écria- 1- il , et n'attirez pas le courroux du ciel en répandant le sang de vos frères : ménagez ce sang précieux dont vous aurezbesoin contre l'Espagnol. Abencerrages , Zégris , tremblez de vous forger des chaînes ; oubliez vos fatales discordes , «t réservez votre râleur contre vos communs ennemis. Vous êtes offensés, dites-vous : ne le suis-je pas moi-même ? Apprenez comment on se venge.

Peuple de Grenade , mon règne t'a lassé., il est fini 3ès cet instant. Tu m'aà repris ton amour , je ne veux plus de ta couronne. Viens la recevoir , Boabdil ; viens prendre ce sceptre que tu désires , et <jue peut-être tu trouveras pesant. Approche , mon fils , approche , et cesse de t'étonner. Regarde ces cheveux blancs : as-tu pensé que , pour ce peu de jours qui me restait encore à régner , je ferais égorger mon peuple ? Ah! Boabdil , Boabdil ^ mon cœur jamais ne te fut connu. Tu l'as trop souvent

»^o GONZALYE DE COROOUE.

déchiré ; mais ton père te pardonne tout , si tu tends heureux tes nouveaux sujets, si ta justice et ta bienfaisance les empêchent de se repentir de ce qu'ils font aujourd'hui pour toi.

En prononçant ces paroles , Tauguste vieillard présente à son fils et la couronne et le sceptre.. Boabdil , terrassé par son crime, demeure immobile et les jeux baissés. 11 n'ose envisager son père , il ne peut faire un senl pas vers lui. Mulei le prévient ,' s'avance , pose sur son front , qui rougit , ce diadème , objet de ses vœux. Ensuite , se retournant vers les deux troupes interdites : Abencerrages , dit-il, saluez le roi de Grenade; et vous, Zégris, jurez la paix à vos généreux ennemis.

A ces mots , le peuple enivré crie : Vive le roi Boabdil ! vivent les Abencerrages , les Zégris et Mulei-Hassem ! Boabdil est conduit en pompe dans le palais de l'Alhambra. Mon père , suivi d'Almanzor, de Moraîme et de moi , se retire dans TAlbajzin , ancienne demeure .dea pi'emiers rois maures.

rm DU TOME PAEMIsn.

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