‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 37 sur 135 · LIVRE m · texte numérisé non relu

LIVRE m

UQte Tille de Jaën , et voulut que Zoralde f(4 élerée dans son palais.

Elle sortait à peine de l'enfance. Bientôt •es attraits naissans enflammèrent nos jeunes guerriers. Abenhamet, cet aimable chef des Abencerrages , qui remporta le prix des courses le jour du crime des Zégris , Abenhamet , enfrnt comme Zoralde, ne leut pas plus tôt connue, qu'il la choisit, ladopta pour sa soeur : il n'était heureux qu'auprès d'elle ; il lui répétait mille fois le serment de l'aimer toujours. La jeune etnaiye Afiricaine luifdsait les mêmes promesses, lui déclarait ingénument qu'elle ne roulait aimer que lui seul : doux pririlége de cet heureux âge à qui les hommes pardonnent encore la franchise et la candeur!

Lorsque Zoralde approcha de trois lustres , ^e deyint plus résenrée ; Abenhamet frit plus | timide. Il n'osait plus , comme autrefois, yenir il toute heure à son appartement : il perdit jusqu'à la hardiesse de lui parler même d'amitié : mais plus que jamais épris de ses charmes, éprouvant la force de ce premier amour, si yif et si pur dans les belles âmes, il « ^'occupait sans cesse de la suivre , de l'attendre' , de la chercher. Dans le palais , à la mosquée , au jardin du Généralif , il était toujours sus

5 GONZALYE DB GORDOUE.

«Mpftsl il ne pouTait se paswt de sa vue, il n'existait plus dès qu'il la petdait ; et loi*t<}n'iU st trontaient ensemble , leurs yexa. se baissaient yer» la terre , une rougeur xBodeste eou» vrak leurs firotxtt, leurs langues balbutiaient des paroles sans sioite , bwb» ordre ; leur esprit, ailleurs si présent , les abandonnait tou» le» deMx.

Ce fat alors que GonxaiTe , enlfrant sur no» terres a^ee une armée , parut tout à coupi derant Jaën, où commandait le Tietix Ibralunc. Jaëv fut emporté d assaut aptes une longue défense ; le père de Zorafde resta pansonnier.

Sa flUe^, baignée de plevr», Tint emân-aMer les genoux du roi : Rendea-moi mow père , dit-elle, etrepi:enex tocrs fe» bienfeita dont vous comblez ma jeunesse r une cbatnnîÀre suffît aree Fauteur de mes jour»; ou,.siF GonzaWe es4) inflexible , obtemex d» Moins tpx jr |misse aîler partager les fisra de mon père, el consacrer à le seryir une vie que jse lid dois*

Muiei , toucbé de sa douleur , lui promit décrire k Gonealve, lut for^ que 1er premier article de la paix serait la liberté d*Ibralnm ; «il consola- set fîlle désolée ;. et redoubla d* bontés, dc:sdiii«, pour rensdre smi sort ]^«» beui*enx.

I^ats- Abonhaixirety réjbotn de ses larme» ,

LIVRÉ Ht ^

AbenhMaa^,^'^! les sentÈh towàfef BUi mit iioeat\ réélut d^ Us tarît. Ctsâgnant «fà une {»âix încerfaiiiê H<i retînt l6ng^tettips lifvnfaiin eapt{f , ne pOtivttiit àkfoaef encore à4^ bien» inmiettses qu'il d^raàt poMeder , il part , Il v» trbuver Gonzalye ; et Tabordant av«e là'Ctmi^ ÈiMkoe de la jeuneââe et de Taniouir :

MâgaEisuiitne guettiér , dh-il , je mU U oîief àes Ahéne0tt9L^^ Mon âg6 ne m*» pâsr féfcmiif de m'éffrenrer c^Atre toi ; cél heutetix teriipaf tiendr* , j* l'espète. Tn connais ma noble iat* Aille; tu juges ^ue leurs trésor» te seroiM pro^ digu^poûr ma ran^n. LebraVe Ibiahiib est sens loMwde ; échaf^ ee "irieilktâ avéti moi ; rends ce* malheureux père ht sa fille , qai» n'a fÊte déê Imttes àt'oiH^, et i^oiâ[ al saplatoe , poteiT tott prkonnite^, le pltis riéhe des ^re- Bidl&tfi '

tt»é taSf. Gomalve est émn î Abencerrôge , répo/^-ii;, tu ne seras point mon captif î^ je tensL totf estime , non* tes riekesses' : rotoutntf à Grenade aree- Ibra]»9n. €'est ht ta venu sêule^que jeTaceoi^de) et svce léger bicfnfnit 9x^X6 ta' tedùnn^^stmoé , éwte-moi dans^ les ««MâbaCK

€fe! «[ttôUê futi lu jeib d^e Zoiàlde lo^sq«^^enbakA«t'dô tiôtour rui'],>i^renta son fêté* iAévéi Doutant encwe de êG^^hbothevtty elle

8 OONZALYB DB CORDOUE.

M }0tt« au con du vieillard , elle le preste aTce des BKD^toU* Ibrahim se hâte de lui raconter tout ce qu'il doit à rAbencerrage; et, joigpuaut les mains des deux jeunes amans , il jure par le Qom d*Àllah que dans peu de jours ils seront unis.

On ne parla dans Grenade que de Tactioa d'Abenhamet; on exalta son courage, on fit des yœux pour son^ amour. La. magnanimité de Gonzalye fat admirée ; et je dois l'avouer , seigneur , quoique ce superbe Espagnol soit le fléau de ma patrie , quoique le sang de mes frères ait cent fois rougi son bras invincible , sa noble franchise à la guerre , sa douce clémence aprèa le combat, le font révérer de QOtre nation. Tout guerrier reconnaît son. coutrage , tout captif son humanité. Les Abencerrages surtout , voulant honorer ses vertus , délivrèrent douze Chrétiens priso nniers , choisirent douze coursiers d'Afrique, et les envoyèrent au héros castillan comme un faible • hommage de leur reconnaissance.

Muleî - Hassem avait approuvé rhjmen d'Abenhamet et de son amande; ildçcÂda^'il s'accomplirait après celui d'Almanzoo Mais le fougueux Boabdil devint épris de Zoi^de ; croyant 1 éblouir par son rang , il osa prétendre à sa main. Sans s'écarter des égards dus a

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