LIVRE 111. jlt
iAbenhamet deTait mourir. Les jv^es, en pieu- Tant, signent l'arrêt } le roi le porte à Zo- Taide.
Choisisses , dit-il , en le lui présentant , et ehoisissez à l'heure même; ce seul instant vous est accordé. Abenhamet ya périr, ou vous allez monter sur le trône. L'autel et l'échafaud sont prêU.
Terrassée par ces paroles , Zoraide demeure interdite. Son premier mouyement est de saisir son poignard pour se délivrer elle-même de l'horrible choix qu*on lui propose : mais le trépas d'Abenhamet suivra le sien ; cette certitude l'arrête. Elle a perdu tout espoir de fléchir le despote féroce. Elle balance, elle .tremble. Boabdil la presse de répondre. Mécontent de son silence, il ordonne qu'on aille jchercher la tête de son rival.... Arrêtez ! s'écrie Zoraide , arrêtez ! je m'immole à lui ; voilà ma asain, marchons au temple. . . . O mon père , tu l'ordonnerais I *
Elle dit. L*'^^®^^^ ^î l'entraîne aussitôt i la masquée. Tout était préparé pour ce triste hjmen. Zoraide, p&le, mourante, parait, au milieu d'un peuple aveugle qui Ml des vœux pour sa noovelU reine , qui lui souihaite une longue durée du bonheur dont elle va jouir. £lle prononce d'une voix éteinte le serment .
%% GONZALVE DE CORDOUK.
à'^tvè infoftiinée. Mille ajeclamattosf lui r^ pottdeat , mille cris de joie mêlés au son àtt cistres étouffent ses gémissemens ; et les ittà ies pluibnUaMes oélâi>r6iit œ jotir ^ dodleur.
Le roi fut cependant &èèi% à sa prenesie : le lendeBiaki du fimeste li^aoaéAée, ildéckia que la jeunesse d^Abenhamety sa yalenr^ otUe de sa famille , le sollicitaient d'adoucir la téyénté des juges ; mais qiie , Tonlant aecdrder •on imriolaMe respect poor les lois avec les égatds dus aux Abencerrages , il convertisiait •en un simple exil la peine portée eomtre leur «hef.
Nul né pouTait nvumnirer t le monarqas paraissait <slement. I>t yils flatteurs applaodivent à sa perfide bonté.
AlmanzoT) dont r<»il ciairro/ant perçait «et borrible m jstéve , y-ovilut préyenir les pv^ miers effets du désespoir d'Abenbamet : il se rendit à sa prison , et le pressant contre i«n ^ein : Ami, lui dit-il, tu yivras; le roi t*exile sieulement de Grenade : mMs Zoraldc.« . . . Zotalde. .... — Elle n*est plus , 6*éone^Ab«IbIsnet. — Elle serait moins à plaindm. Apprends TaA-evMe yéri«é , r^^peUe ton eovrage pour li s«tftenir, et songe Aittoot, ami, q«*eB svceombant à tac d«ule«r tu donnes la mort à Zoraide t dHe est l'épouse de Boabdil.
LIVRB Ut *a3
-En disant ces paroli;» il serre de nouveau Tialortiuié suc sqa cœur. 11 voulait lempécher d'attenter à ses jpura j.maisy.hélâs ! Abenhamet leste épanoui dans ses bras» Mon frère prcrfit* de sa faiblesse ; il le saisit ^ remporte snr un chai qu.'ii avait fait préparer , et s*0Ct- CQ^ de I» veikdM k la vie en le conduisant dan« iia«d« ^s châiCcaiiK peu, éloigné de Gre> nade.
Là, U généreux Almanzor, toujours les Teux sur soa jeun^ axai , cherche à pénétrer cUns les siens h^ mtouvemens de son âme. Il , n essaie point de consolation;, il se tait, le suit , Texamine ^ le> veille conune un insensé. Ahenhaa^et g^rdc uju morne silenee : aucune larme ne sertd» ses yeux; aa^éte est baissée sur sa poitrine; ses sourcils rapprochés rident son front; ê9S dents sont serrées par une force lavtacihle; et ses sinistres regards se tournent Il la dérobée sur Almanzor, dont la présence le Àtigue et a'oppose k ses^ desseins.
Trois, jpora se passèrent ainsi ^ sans que moB frère le (juittât d'un instant,, sans qu'il osâtl entretenir d'une amitié trop impuissante CDiMife des^maux si cruels., Ëndn Abenhamet rompit ce silence.
Ate0n«*r, ditril, d'un air calme, cessez ^.craindre ma douleur, ^e connais l'àma
i4 GONZAIIVE DE CÔRDOUE.
de. . . . celle qui mérita de moi tant d'amoar;
je la connais : c'est pour sauyer ma vie que
Tinfortunée a pu se résoudre It s'arrêta ,
leva les jeux au ciel , fit un effort sur luimême ; et continuant ayec un sourire amer : Elle s*est bien abusée. . . . N'importe , je le loi pardonne. Mon parti est pris irréyocablement. Je yeux mettre entre elle et moi une barrière éternelle; je yeux aller cbercher des climtti où le funeste nom de Grenade , où lexécrable nom de Boabdil , ne puissent jamais frapper mon oreille. J« partirai demain pour l'Afrique ; je trouverai dans ses désert» la* solitode qu'il faut au malheur; je trouverai dans lei lions plus de pitié que dans nos tyrans. Von* daignerez me conduire jusqu'au port d'Al- ■ mérie; c'est le dernier service que j'attends, 'que je demande à votre amitié. Je n'ose TOoi parler de ma reconnaissance, vous n'en doatei pas f et h'j pensez point.
Mon frère fut tronipé- par ces paroles i il crut le courage d'Abenhamet au-dessus de ion malheur. Il le fortifia dans son projet ; et, èh ce jour même , tous dbux prennent la rente d'Almérie , où plusieurs vaisseaux destiaéi pour Tunis n'attendaient qu'un yent fîifOltble. Abenhamet paraissait tranquille i le ntm de Zoraide ne sortait plus de sa bouche^ Ton*