LIVRE III
jours pensif, mai» toujours doux , il chargeait Âlmanzor de ses voloutés, lui prescrivait le partage qu'il devait faire ie ses biens , les recompenses de ses esclayes. Dans^le pajs que je yais habiter y ajoutait-il , on n'a pas besoin d'étfe riche :#e que j'emporte doit me suffire; et mes parens , mes serviteurs , penseront plus souyent à moi en jouissant d'une félicité que je leur aurai procurée. Le braye Almanzor ne m'oubliera point ; ses bienfaits enyers moi m'en repondent» Mais Je me reproche de le retenir loin je sa famille et de son épouse. Mulei-fiassem , Zuléma , yous attendent ; Moraîme soupire de votre absence i retournez auprès d'eux, mon dijgne ami ; retournez jouir du bonheur si raie d*étre l'époux de sa bienaimée : elle a peut-âtre besoin dé yt>s soiits ;' sûrement elle a besoin de votre présence, let vents peuvent tarder encore; nos adieux es se prolongeant n'en seront que plus donlooreujB : d'ailleurs ii.faut m'accoutuifte»* à me passer de tout ce que j'aime.
Almanzor pleurait en l'écoutant ; Aben-» hamet ne versait point de larmes. U presse àe nouveau mon frère de partira Mon frère, qni ne pouvait supporter d'étrft éloigné de Moraime, cède k ses vives instances : il lui dit adieo , l'embrasse , promet d'exécuter ses vo-
OoBsaWe. a. ^ .
aÔ GONZALVE. DE GÛRDOUE.
lootés; et, le cœur déchiré de rejets, mais sans iaquiétiide sur la TÎe du malheureux Abencerrage ,^ il se hâte de uous i^ejoindre.
Depuis long -temps Abeuhamet soupirait après ce départ. A peiue il est libre , qu'il se prépare au.de&seîu terable qu*U^a médité. Il prend un habit d'esclare; un turban d'Asie change ses tvaits déjà défigurés par la douleur; ii s*anz^ d'un poignard y sort d'Almérie , et retourne aussitôt à Grenade.
Il arj^iye , monte à l'Alhamhra. Il erre dans les YAstes cours de cet immense édifice, pénètre dans le Généralîjf ^. a avance d'un pas t«mérâii)e vers l'appartement de la reine.
La- nuit commençait à noircir la terre. Zocs^de^ seule dans le ja^dii^ , pleurait Abenhanet sous un rosière Elle n'avait rien appris ^ ton tort^ elle n'arai^ pas prononcé son i^om^ depuis le fatal hjmen } mais cha^e soir ella venait gémir au pied de ce même rosier ojà. jadis , dans des temps jplus heureux , elle s'était souvent assise avec son. amant. Là,. «Bule avec ses aouvenir», avec sa douleur, a'vec son aponry elle ct&jait revoir encora l'objet dont rim|ige étai^ dans aoi^ cqeur. Tout c«qu;AbenhaiBetATa£^ fait pour elle» toutes ^ pa^c^s ^'il ayait ditea* tçut», JTasqa'au moindre sourire, ju^j^u'lla moindre cirçom-;