LIVRE III. âi
«Ion deTOÛ? ma àéienû y regarde > reeoanaîs ce rosier. . , • tous les soirs Zoralde j pkare. • £q acberant 6es paroles , elle cvoit entendre d« hvmt <ien4ère le buisson de roses* Elle se lève rfGpayée, oblige Abenkamet de V^Ioigncr, S*écliappe eile-même d*un pas rapide , et gagtïè son appartement. ÈHe monte snr un balcon H*où Ton découvre la Généralîf. Là, tremblante, respirant «i peine, elle regarde aux rajons de lîi lune , .elle écoute d'une oreille attentive. Rassurée par I3 silence ^aj règne dans les jardins, elle calme sa vive frayeur, arrête «es jeux sur le rosier chéri ^ qu'elle distingue de loin , et 8*abandonne à ses tristes
J)|lai9 If irwit cn**eUe avait entendu n'annonçait que trop de malheurs. Tandis qu'au-* , pr«« 4e {^Qi^l4fl i'imprxi4ent Abeneerrage oul>tittt ks péiils q^î renvironoaient , quatre Zit^rif avftien!: pas«é derrière le bosquet do rofei. VkficjD9XkÙ9mJi% la yqï\ d'Aheabswet , ils t*«fTàtent « obfteFTent k tvaiser4 k &tuUa§« , tt ▼oi«9t Tobjet de leur bsi«/e', odUii dont ils avaient juré la perto, à genoux dcvanl 1* reine, devant l'épousa dt BoabcUL Sur^ ptift il cel aspeet , mai» pkins d« joie , il» méditent le plus grand des crimes. ISmporté»
S% GONZALVE DE GORDOUE.
par leur fureur ils vont à Tiiwtant trouver le
monarque.
Roi de -Grenade, lui dit Mo^mx, pardonne à dts sujets fidèles de venir affliger ton fime. 11 s'agit de ta couronne, de ta vie. et de ton honneur. Les Abencerrages conspirent; Abenhamed , rappelé par eux , a. déjà revu ses frères coupables. Nous-^némes venons à l'iostant , sous un rosier du Généralif , de recon^ naître ce perfide aux, genoux de ta coupabk épouse; dans ses mains brillait le poijgfnard qui doit peccer le cœur de son roi.
A ces mots , Boabdil demeure comme frappé de la foudre. Sa surpris^ fait bientôt place à la pins terrible colère : ils périront tous , sëcrie-t-il , il n en restera pas un seul ^e cette odieuse race ; et sur leurs corps expîrani mon infidèle épouse recevra la mort.
Venge -toi, répond Mofadx; mais qmU prudence assure te» coups» Si tu éclates , Grenade est en armes : les amis des Aben^ cer rages les défendront contre toi. Suis on avis dicté par le zèle : que tes gardes courent arrêter Abenbamet dans le Génétalif. Pendant ce temps , qu un ordre secret appelle séparément chacun des Abencerrages^ et qu'à mesQit qu'ils entreront ^lans l'Alhambra , leurs tètH volent sons le fer.
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Bbabdil adopte ce conseil horrible. Déjà •es gardes parcourent les cardias ; déjà des enyojés du roi sont allés poster à chaque Abencerrage l'ordre de yenir au palais. Les Zégris s'j rendent en armes. Les issues du GénéraiUf sont occupées par des soldats* Des bourreaux placés* dans la cour, des lions attendent y le glaiye à la main , Abenhamet et ses frères.
Le malheureux Abenhamet , plus occupé de Zoraide que de lui-même , fiijait en pleurant sous les sombres bosquets, lorsque les satellites du roi laperçoiyent et le saisissent. Il yeut se défendre, il est terrassé : on l'enchaîne malgré ses efforts , on le traîne deyant le monarque.
Traître , lui dit Boabdil , dont la rage trouble les paroles , c'est ici que tu yas pa jer et ta ibu!^ abominable et tes détestables amours. L'infâme Zoraide te suiyra dans peu | dans peu , selon yps désirs, yous serez tous deux réunis, et yous pourrez juger dans les«nfers si je sais punir les perfides.
Tjran , répond rAbencerraga, la mort était le seul bienfait que je désirasse de toi. Viens t'abreayer de mon sang, rassasie tes jeux fé« roces d'un spectacle si digne d'eux. Mais Zo« ride est innocente , je le jure à la face du, ci«l ,
34 GONZAliVS DB aoaDouB.
k laiÎEice de «e Dieu»d«nin»qiu)ietdiff «tîtfo,
juBid» la idiftBtek • » .
Il ne peut ^cher^v^ ea tête tMnlie iiMmile «iJite, et bondit troU Me 8«r*le anailiMea aimmmraiitle nom de2oiaide* >
GoQsalTe , à cas mots , jette 4» oadi d'efirei. Ah! teignenriiieprit la prM»ocBse^<eeite mort ma iat qu*«a préhide des âirravs de iBoeUii. A peine Abenhamet yenait d'expirer, ^|pe4es AbencervageS) amm idéfianw, avnvont de di- ▼evs «étés. On ka introduit un k un dana la «Intale'OOttrdes lions, Bès-^'iU poMdsseACyilt aoBtsaisis , traînés Mqppè^deia'Cltve d'sflbâtte. hk y sans dsîgner leur pailler dm «rime dont on les Monie y^ana répondre àlenya dfaadsi , aans leur annoncer la mort, leur «été «oie ^ -et 'va rougir las jeauK de «etie fontaine deveane célèbvp par feut tr%u (a^
Ma boucJioae-pefttse à £«irioet^épou w table féfiit < met >9fMà se giaiaant 4^hov^ew «aaoa- '^màt de tant de etÎBBwi.jGcaïad Dieu i )usq«*aù
(0 Cette boirible trahison du roi fioabdil et os massacre des l^beDcerrages passent i Grenade poar des £iîts vCHtrf^es. ti'on montre encore sur la cnrt ae la fi>Btifijke des ^as k irtoedit «an^ êes Ate- «>««ag^|9vKnKM^^6t«liiMMV|#lc.^oyaMd%a-
LIYBE HL kMDUbrcretlttS ïûiMîsteB eoaaeiis peuironti duice lt«. toi^.! Boabdil , seigpieiu- , Boabdil ^ J« fil» de Bum Tertueux pài« , fit aimai maMâoier k ses jeux trente-six jeunes héros » l'espoir , lac iaccfr de Grenade , qui .yeuaieiit dé jwodigaeii lous sbng.poor siuiFer sa cai^iisle , et ^uii n'eftâieiit.csoiBpBblesidauCie cvinte ^e.d*ôtre Mbm di'Abenhamet.
Toute Im iM»l>le famiiie périssait daas-ceitft nwt affirensfiy sans» un enfant , unfaibkt enfamt; éieyé par les soins d'Yézid» .Cet eniaut ne. qwittaitpas sou maitre » il voulut le sni'we au; palais. Profitant de lobscurité , du trouble ,< oompagnoa dès. crimes.^ U entre, péaètre arec Tézidï jusque dans laioour des liofltfk ivipeine fê^-H jeté les jeux aùr le sang dont elle est: inondée, qu^'il Toit donner la- aort à sonaaitoe^ Saisi de. terreue,, il retieut^ ses oris ; il' levtpréotpitamnient, égaeé , baigpiéde laimes , se ero^pani poansuiw par, le. glaire. Il ootuvt, ▼ola^ ^ êft^té&tpe aui milieu d'une trouper d'âJbacttmQBS'Çui se wodaient à l'ordre du roi.
j HÊ'gfeffnmkaiz pas, leur erie^-4i, n*approjdierpaa^ firent dTfézidi mon maître Yéxid , s»s ehoB maître... «.« ils Tout égorgé devant
mm, Vojreft soik seng dont ^tsmîs oeuvcrt
Le roi>, lea: Zégrn , les bourceaux vous att«nr«
dent auprès de la caye. Plus de trente de wcê
fràre» sont étendus morts à lenrs pieds. .....
N'approchez pas , bons Abencerrs^es 1 ils ont tué mon maitre Yézid.
Les Abenoerrages surprij tntmx)gent ce témoin fidèle. A' travers ses cris, à trarers-ses pleurs, ils découvrent la trahison. Volant aussitôt au-devant de leurs frères, qui «rrivalent de toutes parts , ils les instruisent d« lattentat, se rassemblent, courent aux armes» et , forcenés de .douleur , reviennent la flamme à la main, pour réduire ea cendres l'Alhambra..
Les premières portes sont brisées , les gardes tombeAt égorgés. Semblables à des tigres furieux à qui l'on a x'avi leurs petits , les Aben* cerrages s'éUncent, arrivent à la cour Àtale... Quel spectacle ! trente-^ix des leurs coachés sur le marbrerie roi« le^ Zégris, au mih'ett des bourreaux , demaBdant eaeore des victimes ; et les têtes des malheureux frères , amoncelées dans la cuve «■ où elles s'ag^nt au gré de l'onde dans des flots d'écume et de sang!
Immobiles d'horreur , les Abencerrages se regardent, et, tout à coup potissant descrif y ils fondent sur Boabdil. Lt3 Zégris se jette»! au-devant du monarque. Supérieurs en noiftbre, égaux en valeur, les Zégii» immolent tl
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sont iunnoléd. H^âlaribe se répand Jâns la ville; les Gomèles, fimfsclésZégris , appellent le peuple au secours du roi. Trente mille Maures arrivent en armes. Ils voient leur monarque pressé par la redoutable famille; ils igi^orcnt son crime , veulent le défendre , et se réunissent aux Zégris.
Les malheureux Abencerrages ne peuvent soutenir tant d'assaillans. Malgré leurs exploits , malgré leur courage , ils sont , après un long combat, forcés de quitter le palais. Couverts de blessures , épuisés de sang , poursuivis par des vainqueurs dont le nombre augmente sans cesse , ils sont poussés hors de la ville; et, détestant l'ingrate patrie qu! traite ainsi ses défenseui-s, ils s'en éloignent au moment même, en jurant de n*j jamais rentrer.
Ainsi nous perdîmes cette tribu vaillante ; ainsi cette nuit effroyable , en déshonorant à jamais Grenade, prépara peut-être sa captivité. Mais l'implacable Boabdil n'était occupé que de sa vengeance. Son épouse vivait encore, son épouse devait éprouver ses fureurs. J'ai besoin de reprendre des forces pour continuer ce récit, et je veux laisser à votre repos le pco d'heures qui reste du jour.
Zuléma se tait, et, malgré les prières de
Co«saIv«. a. 4
38 OONZALVE DE GORDOUE.
GoQsalye', elle remet au lendemain Tliistoirf des malheurs de la reine , qu'elle reprit en cet termes.
ri« DU TBOIBltMB LITII.