‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 48 sur 135 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

crainte de déplaire à lear roi devait re'tenir tous les Castillans. Malgré ces tristes réfleziona, malgré le peu d'espoir du succès , la reine approuve ce parti. Les znomens étaient pr^eieux : elle écrit ces mots à Gonzalye :

(( Tous êtes l'ennemi des Maures : je suis « leur reine infortunée, et je viens implorer « votre appui. On m*a condamnée à la mort. « J'atteste le Dieu que j'adore et le Dieu que « TOUS adorez que je ne fus jamais coupable. « Dans deux jours j'expire dans les flammes. « Je ne puis éviter mon sort que par la vic- « toîre de quatre guerriers sur les quatre plus « vaillans des Zégris. J'ai choisi Gonzalve ft pour mon défenseur : si ce héros , pour la (c première fois , refuse son secours à l'inno^ « cence , je croirai que le ciel veut ma perte , « et je la subirai sans me plaindre.

« SORAiDE, relue de Grenade. »

pèt que cette lettre est scellée, je vais chercher dans les prisons un captif espagnol que mon or délivre. Je ne demande à sa reconnaissance que de porter la lettre à Gon^ talve; je redouble son zèle en lui confiant l'Importance du message , en l'instruisant de ce qu'il doit dire pour intéresser le GastilUn. Dans cette nuit même je le conduis jusque*

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flb GONZALVE DE CORDOTÎE.

BOX portes de la ville, où lattend, par moa ordre , un coursier de mon frère ; et je ne le quitte qu'après l'avoir vu prendre la route du camp des Chrétiens.

Plus tranquille , mais toujours plus tremblante, je reviens auprès de la reine lui rendre compte de ce que j'ai fait. Elle m'embrasse en pleurant. Sa jeune esclave la console, loi prodigue de tendres caresses, rappelle son couragé, éteint : elle calcule cent fois le temps nécessaire au courrier, celui qu'il £iut à Gonzalve ; et , certaine qu'aucun obstacle n'arrête jamais ce héros , elle nous annonce , elle nous assure que nous le verrons dans Grenade an commencement du troisième jour.

Cependant l'Espagnol fidèle arrive au camp des l'aurore : il demande à grands cris Gonzalve. QueUe est sa douleur! Gonzalve est parti ; Gonzalve, ambassadeur à Fez, vogue déjà sur la mer d'Afrique. L'Espagnol en verse des larmes ; il se plaint au ciel de son sort. Un soldat sensible k sa peine l'exhorte à s'adresser au compagnon ^ au frère d'armes du héros qu'il cherche , au brave et génércax Lara. L'envojé court aussitôt à la tente de ee capitaine; il obtient un entretien secret, Ini confie ce qu'il dut dire à Gonzalve , et présente la lettre qu'il apportait.

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