LIVRE IV. Si
L'ara l'ouvre sans hésiter. En la lisant, SCS traits s animent , son front se colore , ses yexa s'enflamment. Âmi , dit-il à l'Espagnol , retourne à l'instant vers la reine , dis-lui que Gonzalye est absent , mais qu'il a laissé un autre Gonzalye, Demain je serai dans Grenade avec trois de mes compagnons. Mon ami me lègue toujours tout le bien qu'il ne peut faire ; et si son cœur connaissait Tenyie , ce serait quand je le remplace pour défendre les opprimés.
A cet endroit du récit de Zuléma , le héros, fortement ému, laisse échapper un cri d'admiration. Des larme» coulent sur se.s joues : cet larmes sont pour l'amitié. Gonzalye s'en excuse auprès de la princesse \ et Zuléma pardonne aisément tout ce qui sert à lui prouycr que le héros est sensible.
^•tre enyojé, reprend-elle, reyient nous porte! sur-le-champ la réponse de Lara. Rassurez-yous , s'écrie Inès , yos accusateurs sont yaincus. Lara égale presque Gonzalye; Lara serait son riyal de gloire , s'il n était son plus tendre ami. Demain , demain , ma digne maitresse , votre innocence doit éclater ; demain le sang des Abencerrages obtiendra sa juste \ engeance.
Elle dit , et la tendre captive se livre aux
6a GOWZALVE DE CORDOUE.
plus doux transports : elle baise les maint de la reine ; elle se hâte de nous raconter tous lei exploits de Lara , tous les liauts faits d'armes ^ ont illustré les chevaliers de sa natico. L'espoir ^ui remplit son cœur se communique àZoraide; ses larmes cessent} son âmecalmé« éprouve un moment de rapos ; nous YOjom briller dans ses jeux une joie faible et ^itiye.
Le lendemain était marqué pour le combat. Toute la ville pleurait Zoraîde : mais aucun guerrier n'osait la défendre. Depuis le départ des Abencerrages , les infortunés étaient saus appui. Almanzor se rend -près de nous avant le lever de l'aurore.
Reine de Grenado , dit-il , le jour fatal est arrivé. Malgré mes soins , malgré mon zèle, je n'ai pu vous trouver des défenseurs. J'en rougis pour ma patrie. Je n'en ferai pas moins cegue je dois : seul je combattrai les quatre Zégris ; seul je dois suffire pour vousaauvcr, »i| comme le croit mon cœur , le Dieo du ciel prend soin de l'innocence. Venez, reine, vene* déclarer que vous me remettez votre cause. Et vous, ma sœur, si je succombe, «'est k vous que je recommande Moraïme et Mulei-Hassev*
A ces paroles , prononcées avec le calmo d'une grande âme qui pense remplir un simple devoir , Zoraide presse les mains de mon frère