LIVRE IV
magnanime : O le plus généreux clés hommes , dit-elle arec des sanglots , j'attendais de vous cette noble marque et d'héroïsme et de bonté: mais je mériteiais mon sort , si , pour Sîiuver mes tristes jours , j'exposais ceux du soutien de Grenade , du seul (ils de Mulei-Hassem , du tendre époux de Moraime , du héros de qui les vertus désarment encore l'Étemel prêt à punir cette ville coupable. Non , seigneur, non , mon digne appui. J'ai dû chercher des guerriers qui pussent braver , après leur victoire, la vengeance de Boabdil; je les ni trouvés , ils arriveront. Je vous demande , Je vous conjure , par cette touchante sensibilité que vous témoignez à mes maux , par cet amour de la justice qui toujours guida vos actions , de veiller, avec vos amis , avec les miens , s'il m'en reste encore, à la sûreté de mes défenseurs e qu'ils n'aient à craindre aucune embûche; qne la lojauté préside au combat. Pardonnez mes soupçons, Seigneur; il est pttmis à Zoraide de redouter les Zégris. /jfrAlmanzor surpris me regarde ; et , respeottnt le secret de la reine , ne l'interroge point sur son choix, Il lui promet de garder la lice , d'être lui-même le juge du camp ; il éourt s'y préparer au moment méme<
Zoraldé alors , qui voit s'avancer l'henre ^
54 aONZArLYE DE CORDOUE.
se recueille quelques instans. A genoux devant rÈtemel , elle prononce une prière fervente j rimpjj^e pour ses défenseurs , et se dispose à paraître devant lui, si telle est sa volonté» Bientôt , se relevant d*un air tranquille , elle vient me rendre grâces des soins qu'elle a re^s de moi , me parle de sa reconnaissance , fait des vœux pour que je vive plus heureuse qu'elle n'a vécu^
Tandis que j 'essuyais mes pleurs, elle se retourne vers sa captive, et lui présentant une cassette où étaient ses pierreries : Ma meilleure amie , dit-elle , reçois devant Znléma la liberté que je te donne , et ces tristes présens j seuls restes de ma fatale grandeor: accepte-les , ma fidèle Inès , comme le dernier gage de ma tendresse , comme l'unique bienfait dont la reine puisse disposer. Si le ciel a résolu ma mort, ils te rappelleront Zoraide ; iU pourront te procurer dans ta patrie une retraite paisible , où tu songeras quelquefois à moi. Surtout modère ta douleur : je ne conserve de pouvoir sur toi que pour te commander de me survivre , pour t'ordonncr d« . te souvenir que c'est à ton zèle tendre, à torf attentive amitié que j'ai du mes seul» doux momens.
N \ En disant ces mots , elle embrasse In*» î