LIVRE IV
Ints'^ tombant à ses pieds , presse ses genoux, repousse la cassette, et baigne sa maU tresse de ses pleurs. Malgré mes sanglots, jo le» séparai : je fis cesser cette scène trop tendre , qui sans doute aurait épuisé les forces dont noua avions besoin. Zoralde pénétre ma pensée^; elle l'approuve par un regard, s'arracbe des bras d'Inès , qui la suit en se traînant sur la terre, et va revêtir un babit de ideuil. Un voile de crêpe cacbe son visage; un long manteau noir la couvre toute entière. Sa captive et moi , résolues de l'accompagner au lieu du combat, nous prenons aussi cet babit lugubre , et noua attendons en silence que les gardes viennent noua chercher.
ils arrivent précédés des juges. La reine les reçoit avec respect , sans aiSecter une assurance qui pouvait ;ressembler à l'orgueil, sans té-< moigner un abattement qui ne convient qu'à âes coupables. Elle les suit, monte dans le char qu'ils ont amené : je m'assieds à côté d'elle ; Inès se place à aes pieds. Six coursiers couverts de voiles funèbres nous conduisent lentement vers la place, déjà remplie d*un peuple immense.
Bans cette place était préparée une grande lice, fermée par des barrières : un échafaud leodu de noir était «uprès ; plus loin l'on
yojait un bûcher. A cet aspect , la reiae tremblante fut prute h défaillir dans mes bras: mais , soutenue par Inès , et rappelant toutes ses forces, elle parvient sur l'échafaud, où des sièges noirs l'attendaient. Elle s'assied en me serrant la main , en me suppliant ï Toix basse de ne pas l'abandonner. Je ne pouvais lui répondre , les pleurs étouiTaient ma voix. Je me tiens à côté d'elle ; Inès demeure à ses genoux.
Les jtiges lisent la sentence : le peuplo répond par des gémissemens. Un bruit d« trompettes se fait entendre , et l'on voit pa-» raître le terrible Ali , Mofarix, Sabal, Moctader, montés sur de puissans coursiers, revêtus d'armes étincelantes. Ils s avancent, trarersent la foule en promenant des regards hrou" ches : mais , arrivés devant' la reine , ils détournent ou baissent les jenlx. Zoraide,en les regardant, s'approcbe de moi davantage^ Les quatre Zégris entrent dans la lice*' Mon frère se présente alors , couvert d'une brillante cni^ rasse , suivi d'una troupe d'Alabea amés. Il ferme au^sitdt la bardète : on le proclame le carde du camp.
Les imans, le peuple, les juge^^ ©bservcne un profond silence. Dans cette foule innombrable, nui n'ose se foire entendre. Immobilai