‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 52 sur 135 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

à leur place, les veux fixés sur Zûralde^ sur les Zégris , sur le bûcher , tous attendent , tous désirent de voir venir les défenseurs de celle ijn'ils plaignant et qu'ils laissent pérk. La reine compte les instans, tourne souvent hx tête vers 4 porte d'Espagne ; et , ne voyant, rien paraître, elle regarde Inès enisoupirant. laès^ pâle, attentive; tremblante, commence u craindre que quelque malheur n'ait retenu le brave Lara. Le ,^emps se prolonge; les heures sonnent. Chaque fois que l'airain frap< pé retentit en les annonçant , les juges se lèvent^ s'avancent aux quatre côtés de la place , et demandent à haute voix où sont les guerriers de la reine accusée. Jls vont se rasseoir au milieu du silence : 4eur demande , cinq foi» répétée, reste cinq fois sans réponse.. Almanzor me jette des regards d'effroi. U va, revient , marche , s'agite ; il fait demander son coursier ; bientôt il demande sa lance : trois fois il saisit la barrière pour se l'ouvrir à luimême , trois fois il s'arrête , il écoute , et me montre des yeux le soleil qui déjà penche vers l'horizon.

Enfin , après la cinquième heure , à l'extra nûté de la place opposée à la porte d'Espagne, on entend un bruit de chevaux, et le peuple jette des cris. La foule s'ouvre ; on

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voit arriver quatre guerriers vêtus à la toc? que, portant rhabit et le» armes d*Asie, montés sur des coursiers superbes* dont Ui pressent les flancs poudreux. L'on d'eux par raissait à peine entrer dans radolescence; les deux autres étaient à la fleur de l'âge; et Is dernier, dont la moustache blanche annonçait les longues années , soutenait un boa» clier immense qui ne semblait pas Ini peser. Ils s'arrêtent devant Zoralde , qu'ils saluent avec respect» Celui qui paraissait leur chef s'élance légèrement à terre j^ et demande aux juges f en langue turque , la permission de parler à la reine. Almanzor ^ qui l'obsenre attentivement, lui dit de s'expliquer en arabe. he guerrier parle dans cette langue; et mon frère, par l'ordre des, juges, le conduit lui* même sur. l'échafaud. Alors l'étranger, à genoux devant Zoraide surprise, élève la voix, et dit ces paroles :

Reine , nous sommes sujets de l'invincible monarque qui commande aux murs de Stam* bol (i). Nous allons porter à 'Tunis les ordres de sahautesse. Une tempête nous a jetés sur ces rivages, où nous apprenons par la re-

(i) les Tuics appellent ainsi Constantioople.

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