‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 58 sur 135 · LIVRE T · texte numérisé non relu

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àe lui , sans cesse attentive aux progrès de su guérison , elle le yeille , le garde , et charme par son entretien une solitude chère à tou^ deux. /\

Tandià^^ue le temps nécessaire pour rendre k Gonzalye ses forces sëcoule dans des soins si doux , l'armée espagnole devant Grenade se plaint de l'absence de son héros : humiliée par les exploits d'Âlamar, elle brûle de s'en venger. Les jeunes chefs , Gusman , Gortez , le prince de Portugal , les soldats , les capitaines demandent à grands cris l'assaut. Ferdinand s'oppose à leurs vœux ; Ferdinand n'est pas I rèt encore. Grenade , environnée de mille tours , trop vaste pour être bloquée , communique par l'orient aux Alpuxares , et trouve dans ces montagnes des vivres et des soldats. Carthame (1} , du côté du midi , bâtie sur des rocs inaccessibles , gardée par les Abencerrages , inquiète les Espagnols. Un peuple im< mense et belliqueu]^ , des alliés nombreux et vaillans défendent la ville assiégée , et le fougueux courage d'Alamar, la tranquille valeur

(i) Cette ville de Carduma n'est point celle ^ui est située an midi d*Antequerre, près de Malaga ; c'est une antre Carthame plus voisine de Grenade, 01 pea éloignée de Loxa.

d'Almanzor préparent une résistance dont le temps seul peut triompher.

Le roi d'Aragon , formé par son père dans ses longues guerres contre les Français , envoie des détachemens dans les Alpuxares surprendre , enlever les convois ; it s'empare du courant des fleuves; il veut que la famine combatte pour lui. Sa prévoyance va plus loin : instruit déjà dans cet art affîreux qui met le tonnerre dans la main des hommes , qui rend désormais inutiles l'adresse et la force guerrières , Ferdinand creuse d'étroit» souterrains, qu'il conduit sous les murs de Grenade; là , le salpêtre , le soufre , doivent s'enflammer tout à coup, éclater avec frapas, faire voler les tours dans les airs , et livrer aux assaillans une entrée large et facilç. Tous les apprêts, toutes le« machines qu'inventa le démon de la guerre, sont employés par Ferdinand; mais , pour assurer leur succès , il est forcé d'en suspendre l'usage. Aguilar loue sa prudence, le vieux Tellez approuve ses lenteurs, et l'intrépide Lara semble dire par son silence qu'on ne peut vaincre sans son ami.

Pendant cette longue inaction , capable de décourager l'arme'e, Isabelle, par des jeux guerriers, cherche à distraire l'ardente jeunesse que son époux sèvre des combats. Cette

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