LIVRE V
taureau 9*ëlance au milieu du cirque. Mais au bruit de mille fanfares , aux cris , à la vue des sjpectateurs , il s'arrête inquiet et troublé : ses naseaux fument; ses regards brûlans errent sur les ampbitbéâtres ; il semble également en proie à la surprise , à la fureur. Tout à coup il se précipite sur un cavalier, qui le blesse et fuit rapidement à l'autre bput. Le taureau •'irrite , le poursuit de près , frappe à coups redoublés la terre, et fond sur le voile éclatant que lui présente un combattant à pied. L'adroit Espagnol , dans le même instant , évite à la fois sa rencontre , suspend à ses cornes le voile léger, et lui darde une flèche aig^è', qui de nouveau fait couler son sang.. Percé bientôt de toutes les lance»', blessé do ces traits pénétrans dont le fer courbé reste dans la plaie, l'animal bondit dans l'arène, pousse d'horribles inugissemens , s'agite en parcourant le cirque , secoue les flèches nombreuses enfoncées dans son large cou, fait voler ensemble les cailloux brojés , les lam> beaux de pourpre san^lans, les flots d'écume rougie, et tombe enfin épuisé d'efforts , de colère et de douleur,
€e fat 4ans un de ces combats que le témé* raire Gortez pensa terminer une vie destinéo Il de li grands exploits. Brûlant de se signalée
8o COKZALVE DE CORDOUE
aux yçux de la belle Mendoze , qui dès longtemps possède son cœur, Cortez, sur un aodalous , blessait et fuyait un taureau furieux. Malgré le péril dont il est menacé, le jeune amant regarde la beauté qui toujours l'occupe, lorsqu'il voit tomber dans l'arène la fleur d'oranger qui parai^ son sein. Cortez se précipite à terre, court , se baisse ; et le taureau vole, il va frapper l'imprudent Cortez.... Un cri de Sérapbine l'avertit : Cortez , sans quitter la fleur , dirige d'un œil sûr sa lance à l'épaule de l'animal , qu'il jette expirant sur le sable.
Toute l'armée applaudit : Isabelle vent couronner Cortez. Cortez refuse la couronne, en montrant la fleur précieuse qu'il a pensé pa jer de sa vie ; il la couvre de mille baisers , il la presse contre son cœUr, brise sa hncc^ et quitte le cirque.
Ainsi s'écoulent les jèurs. Dès que la nuit amène les étoiles, mille flambeaux allumés et réfléchis dans le cristal éclairent de toutes parts les superbes tentes de la rewie. Là, toutes les beautés de la cour , éclatantes d'or et de pierreries , la tète nue , seulement parce de leurs cheveux longs et flottans , laissent tu milieu d'elles un vaste espace où les hautbois mêlés aux timbale? appellent les jeunes héro»*