‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 66 sur 135 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Feramand, à demi-nu, armé seulement d'une épée , avait , à la pTemière alarme , prédpité ses pas vers Isabelle. Là s'étaient ras- Memblés autour de la reine le prince de Portugal, Lara, Cortez, ^Aguilar, tous les héros de Castille. Lk, les redoutables Zégrls avaient trois fois été repoussés ; et leur chef Maaz , poursuivi par Lara , cédait en frémissant la victoire. L*auguste Isabelle, craignant pour le roi , courait elle-même à son secours , lors- (|ne ce monarque , tremblant pour elle/ arrive auprès de son épouse* Rassuré par sa présence , Ferdinand veut achever de s'armer pour allgr combattre Almanzor.

Mais à ce nom , au bruit de ses exploits , à la vue du vaste incendie qui déjà répand une horrible clarté, le prince de Portugal, Alphonse , l'impétueux Alphonse , s'élance comme un jeune faon qui va chercher la flèche mortelle. Guidé par les cris de terreur , il vole k travers les flammes , arrive , joint Almanzor, et lui porte un coup de sa lance ; elle se brise êUT la cuirasse du Grenadin. , - - -

Almanzor ébranlé s'arrête, tourne vers le Portugais des yeux brûlans de courroux. 11 va le frapper de sa masse ; il le voit à pied , suivi de peu des siens : alors sa générosité l'emporte •or sa eoUre; Almanzor quitte son coursier >

tire son sabre , et s'arance vers Alphonse y'qiu

Tattend le fer k la main.

Ils f approchent , ils s'attaquent ; leiin glaives croisés font jaillir du feu , leurs armes résistent aux coups redoublés. Almansor re^ çoit dan» le bras une blessure profonde gui vient encore déchirer son flanc. Alphonse jette un cri de joie ; mais , également fort des deux mains , Almanzor saisit de la gauche son redoutable cimeterre , et , pressant de plus près son ennemi surpris , d'un revers il fend la poitrine de Tintrépide Portugais. 'Alphonse tombe et mord la terre : il fait d'inutiles efforts pour menacer son vainqueur ; il perd à l'instant la voix et la vie.

O malheureuse Isabelle , épouse , amante infortunée du héros qui' vient d'expirer! on t'apprenait dans ce moment que le téméiaire Alphonse était aux mains avec Almanzor.

Malgré les cris de la reine , malgré les prières de Ferdinand, la jeune Isabelle , pile , hcht* velce, court, vole à travers les flammes, appelant Alphonse, Alphonse..... Elle arrive, et voitsouépdux dépouillé déjà de son cas« que, tournant ses yeux & demi*fermés veri Almanzor qui s'éloignait.

Cher Alphonse , s'ccrie-t-elle, en se préd^ pitant sur son corps , cher Alphonse , attends

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