‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 67 sur 135 · LIVRE V. ga · texte numérisé non relu

LIVRE V. ga

ton épouse c sa douleur ya la joindpe à toi. Le Yoilà donc ce doux h^rménée qui devait nous assurer une si longue suite de beaux jours ! Les yoilà ces infortunés liens qui nous unissaient à jamais ! Alphonse , mon cher Alphonse, TamouT d'Isabelle. ne t'a pas suffi. Hélas ! je ne méritais pas de yiyre long-temps ton épouse ; le sort barbare ne l'a pas voulu , du moins il ne pourra nous séparer.

A ces mots, elle se relève, le désespoir dans les jeux , saisit le glaive d'Alphonse , et ya le plonger dans son sein , lorsque la reine et Ferdinand parviennent enfin à s'emparer d'elle. On veut l'arracher de ce lieu funeste ; elle échappe à tous les efforts , méconnaît la voix de sa mère, repousse ses tendres caresses, retourne se jeter sur le corps d'Alphonse , et s'y enchaîne de ses faibles bras.*

Almanzor, qui la. voit de loin, à la lueur des flammes dévorantes, ne peut retenir ses pleurs. Malheureux! dit-il , qu'Ai- je fait? C'est une veuve désolée, dont mon bras immola l'époux ; c'est une amante au désespoir, dont

j'ai causé l'éternel malheur, Ah ! Morûme

Moraime peiit-étre bientôt. . .•. . Ses larmes

redoublent; mais, éloijgnant ces tristes pen^ fées y et prononçant le nom de sa patrie, il ponrsait sa course rapide, prolonge, au g'

f)4 GOKZALVE DE CORDOIJE.

mente l'incendie , et rejoint enfin Alamar , qnl, rouge de sang;, lassé de carnage , Tenait au-devant de lui sur des monceaux de car dayrei.

Les deux Héros se félicitent, concertent etu semble de nouveaux desseins. Ils voient , k 1% clarté des feux, un bataillon bérissé de dards, formé loin des ruines du camp. Ce bataillon , composé des vieilles bandes castillannes, trois fois vainqueur des Zégris , que Maaz ralliait au loin , présente une forêt de lances inaccessible des quatre côtés : au milieu , la reine Isa* belle, assise sur un bouclier^ soutenue par Ferdinand , tient dans ses bras sa fille mou« rante , la serre contre son sein , la couvre de baisers , de larmes , et cbercbe à rappeler du moins à cette veuve inconsolabla qu'il lui reste encore une mère.

Autour d'elle sont Aguilar, Cortez, Ous« man et Lara , les chefe , les héros de l'armée , attendris de ce spectacle, indignés contre la fortune , versant à la fois des pleurs de colère et de compassion. Ils brûlent d'attaquer le Maure; ils ne peuvent quitter cette enceinte, dernier refuge de leurs rois , dernier asile ds leurs drapeaux : ils fi'émissent de honte, d« rage , se précipitent au-delà des rangs pont

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