LIVRE V
iaitreuse vous contemplent en ce moment du haut du ciel qv'il» habitent , et vous mon:trent la palme immortelle que les anges on ) *mise en leurs mains. Âh! cessez, cessez, Chrétiens , de donner des pleurs h leur cendre , il: n'ont pas besoin de vos larmes, et nous avons besoin de leur secours. Inyoquons-les ; touiv nons nos regards avec respect , avec confiance rers ces sanglantes dépouilles que tous semblés n'enYisager qu'avec efiroi. Ce sont les restes des'martjrs; ce sont des reliques sacrées à qui nous devrons nos succès. Elles assurent la perte infaillible de ces barbares Musulmans; elles attirent sur ces impies la colère de l'Étemel , qui ne laisse jamais sans vengeance les outrages faits à ses saints. ^
Les religieux Espagnols lui répondent par des sanglots : ils jurent de mourir pour leur Dieu aux pieds de leur reine adorée; ils invoquent le Tout-Puissant, bénissent le nom !d 'Isabelle, et, remplis d'un nouveau courage^ veulent marcher contre l'ennemi.
Ferdinand retient cette ardeur; mais il sait en profiter. La moitié des troupes reste sous les armes , tandis que l'autre est occupée à pecueillir les blessés , k donner la sépulture aux morts : la reine leur prodigue- les honneurs fiinèbres. Lara trace pendant ce temps*; au-delà
du camp détruit, une large et yaste enceinte qu'il environne d'un fossé profond. Le jour le passe dans ces tristes soins. L'armée, épuisée de lassitude , ne quitte les armea que pour lo* trayail; mais Tinébranlable constacse, la soumission , la frugalité des Castillans , leur font tout supporter sans murmure. Ils se retirent, à la fin du jour, au milieu des rctranchemens: une garde choisie ycille k l'entrée. Les soldats y couchés pêle>mêle , la tète appnjéo sur leurs boucliers, dorment sans quitter lenn lances , prêts à combattre au moindre signal. Les chefs reposent auprès d'eux ; mais les rois 9 plus à plaindre encore que leurs sujets infortunés , n'osent se livrer au sommeil.
719 DU ciuquiéme Liyax.