LIVRE VI. III
de félicités purcîs. Cependant ils se reprochaient de ne pas s'être «onfié tous leurs secrets : Gonzalve cachait qu'il était Gonzalte j Zaléma n'osait révéler un mystère non moins important : laÉcraiute qu'avait chacun d'eux de devenir pour l'autre un objet de haine retenait ces aveux pénibles. Mais cette crainte était un supplice ; le même jour , sans en convenir ensemble , ils résolurent de tout avouer.
Princesse , dit le héros , dés qu'il se vit seul avec elle , je vais sans doute perdre aujourd'hui cette amitié si douce , si chère , que votre cœur daigna m'accorder. Il m'est plus affreux cependant de vous tromper que de vous déplaire : apprenez enfin ce que j'ai tenté de vous découvrir mille fois. Je n'en eus jamais le courage ; il est prêt encore à m'abandonner , lorsque je songe que dans un instant vous me hairez peut-être , vous bannirez do votre présence celui qui ne peut vivre sans vous , celui qui , dès le premier jour où ses jeux vous ont aperçue , sentit s'allumer dans son âme. ....
Seigneur , interrompt Zuléma , qui redoute l'aveu d'un amour qu'elle veut sentir , mais non pas entendre , je vous dois l'honneur et la vie ; j*aime à penser que Grenade vous derra bientôt son salut. Tant de titres vous ont
f is GONZAI«yE DE GORDOUE.
assuré cette rire reconnaissance qui , prescrite par la yertu , devient inséparable d elle. Mon père arrivera dans peu : mon père saura qiie •a fille ^t sauvée par votre valeur. Son amitié, celle d'Almai^or , seront le prÉL d'un si grand bienfait. Ah ! plût au ciel que de tendres liens TOUS unissent à jamais tous trois l G est le désir le plus cher de mon âme , c'est le seul voeu qu'elle puisse avouer.
Mais il est temps de vous instruire d'un secret que mon père ignore , qu'Almanxor luimême ne connut jamais. Je veux le confier ï vous seul. Après m*avoir entendue , peut-être n'aurez-vous plus rien à m'apprendre.
A ces mots , Gonzalve interdit, bi pâleur sur le visage, ne doute point que la belle Maure n*ait donné son cœur à quelque rival. 11 tremble, il attend en silence quelle ait prononcé son arrêt ; et la princesse allait poursuivre, lorsqu'un esclave accourt l'avertirque son père Mulei-Hassem airîvc avec deux guei^ riers.
Zuléma quitte Gonzalve et Tole au-devant de son père. Le vieillard l'embrasse en versant des pleurs. Enfin tu m*es rendue I s*écrie-t-il ; enfin je presse dans met bras celle qïWj j'ai unt pleurée ! J'allais mourir , BMi Zuléma , si ton absence eût duré plut long^