‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 76 sur 135 · LIVRE VI. . li · texte numérisé non relu

LIVRE VI. . li

iiàte de conduire an palais Mulei et les Aben* cerrages : elle espère parler à Gonxalye, et faire cesser d'un seul mot le supplice i^u'cll* le voit souffrir. Mais le vieux Mulei ne le quitte point , et tient sans cesse sa main , qu'il •erre contre sa poitrine. 11 ignore les der» niers exploits d'Almanzorjil parle à Tinconnu des dangers de Grenade, de l'espoir qu'il a déjà dans sa valeur. Gonzalve, les yeux fixés sur Zuléma , sur les Abencerrages , répond à peine aux questions, aux empressemens du vieillard ; et les deux Maures , dans le silence, fe regardent en soupirant.

Dé j à la nuit a voilé la terre. Zuléma, son père et leurs hôtes, assis sur des tapis de Perse, an bord d'un bassin d'une eau transparente qui rafraîchit un salon de marbre, se font apporter des fruits , et prennent ensemble le dernier repas du jour. Tout à coup Vélid , le troisième frère de Zéir et du brave.Omar , arrive de Malaga ; et paraissant au milieu d'eux:

Roi de Grenade, dit-il, j'apporte une efïrajante nouvelle ; je viens t'annoncer un ennemi plus redoutable qu'Alamar. Ta fille est sauvée , Mulei , mais la patrie est perdue : Gcnzalve est revenu de Fez; Gonzalve est er^ rant sur ces rivages.

An nom de Gonzalve la terreur 'se peipt

iii6 GONZALYE DE CCmDOlJE.

•ar le Tisage 3e Mulei ; Omar et Zéir se lèvent; U princesse, par un mouyement inyolontahe , se rapproche de son libérateur.

Ecoute -moi, poursuit Yéiid : un nayirc africain yient d'aborder an port. Il était à la suite de Gonzalye, qui s'est échappé pendant la nuit du piège que lui tendait Sftd. Le chef de ce yaisseau nous apprend que la feible barque qui portait ce guerrier a sans dente abordé cette plage , puisque la suite du Castillan, qu'on a laissé sortir de Fez, l'attend vainement depuis plusieurs jours sur la rive d'Algésiras. Mes frères, voici l'instant de venger et de sauver la patrie. Cherchons partout cet Espagnol si redouté ; que chacun de nous l'appelle au combat , et que la lance d'un Àbencerrage délivre Grenade de son fléau.

11 dit : Omar et Zéir applaudissent, Zuléma tremble , Gonzalye sourit.

Amis , interrompt Mulei , que cette importante occasion éteigne à jamais vos discordes. Tous trois vous brûlez dés long-temps pour ma chère Zuléma , tous trois vous êtes dignes d'elle ; mais son coeur jusqu'à'présent n'a pas voulu m'indiquer son choix. Que la gloire décide aujourd'hui ce que n'a pu décider l'amour. Allez , courez après ^Gonzalve , attaqnes-ie séparément, comme il convient li des

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