‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 80 sur 135 · LIVRE YL i · texte numérisé non relu

LIVRE YL i

et s'étonne d entendre le nom de Gonzalve sans éprouver aucun effroi. Enfin, doutant encore si c'est lui qui parle un si doux langage , elle interroge le héros , qui se hâte de lui raconter comment il est sorti d'Airique , comment le fidèle Pedro crut nécessaire de cacher son nom. Voilà ce secret important , ajonte-t-il d'une yoix tremblante , que j 'allait TOUS apprendre aujourd'hui, lorsque yotre père est venu mettre à prix ma tête coupable. Epargnez à ces trois guerriers des eff'orts pour YOMS plus faciles, vengez vous-même* votre patrie , et punissez un malheureux d'avoir osé vous adorer.

Oonzalve, répond la princesse après un triste et long silence, mon cœur m'apprit toujours mes devoirs, il ne m'a pas encore égarée : c'est lui qui sera mon seul guide dans le danger que court ma vertu. Avant tout, je dois mériter votre noble confiance, je dois vous apprendre à mon tour ce que j'allais vous découvrir lorsque mon père est arrivé. Connaissez enfin Zuléma : je suis chrétienne , Gonzalve ; vous seul en êtes instruit. Elevée par ma digne mère , mon esprit et mon Ame ont adopté sa foi. Je lui promis, à ses derniers momens, de mourir fidèle à son eulte ; rien ne peut me faire violer un cngage-

ia4 GONZALVE DE CORDOUE.

ment aussi saint. Vous me le rendez plus cher encore ; tous me faites éprouver , jpour la seconde £D>is de ma vie, combien il est doux d'adorer le Dieu qu'adore l'objet qu'on aime. Gardes-vous pourtant de penser que ma religion ou mon amour me fasse oublier un moment et ma patrie et mon père ! Non , Gonzalye , jugez mieux de moi : je vous dois tout, et je vous aime; ce sentiment ne s'éteindra point. Jamais un autre que vous seul ne deviendra l'époux de Zuléma : je le jure par le Dieu du ciel. Recevez aussi mon serment qne ma main ne sera jamais à l'ennemi de Grenade . Je penserai' sans cesse à vous , je vons regretterai sans cesse; je braverai, jesoaflWrai tout pour vous conserver ma foi : mais , tant que durera cette fatale guerre , n'espérez pas obtenir de moi la moindre marque de souvenir. Allez, Gonzalve, allez remplir vos de-, voirs comme je veux remplir les miens; aile» secourir vos frères : l'honneur vous l'ordonne; jamais Zuléma ne voui fera balancer entre elle et l'honneur. Il est une seule grâce que j'exige, que je demande à votre amour, et qu*il ne peut me refuser sans crime : vous wve» combien je respecte, combien je chcrii Almanzor : mon ùète est devenu le vôtre, évitez donc , évitez à jamais un combat <[ni

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