‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 83 sur 135 · LIVRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME

Sentimens qu'éprouve Gonzalve. Il continue sa roule par des chemins écartés. La nouvelle ville s'élève. Almanzor blessé ne peut troubler les travaux Lara veille pendant la nuit sur le repos de Tarmëe. Rencontre qu'il fait d^smaêl. Lara le fait prisonnier. Son humanité pour son captif. Le Numide lui raconte son histoixti, les mœurs des Arabes pasteurs , ses amours et son hymen avec Zora, leur arrivée à Grenade, leur séparation, la jalousie dont il est tounnentë. Lara le conduit au camp. Il va demander sa Hbertd Zora vient défier Lara. Combat et mort des deux époux.

v^u El mortel n'a pas éprouvé coibbien l'amour, le brûlant amour donne de vertus aux âmes bien nées ? Qui n'a pas senti son cœur s'ennoblir au premier instant qu'il aima? L'homme insensible, dans la triste paix d'une étemelle indifférence , peut couler des jours sans reproche , à l'abri des vices et loin des tnéchans ; mais s'il rencontre l'objet enchanteur qvLi doit disposer de sa vie , s'il connaît enûn cette flamme pure qui consume et fait exister, dès ce jour il n'est plus le même : tes

i3a GONZALVE DE CORDOUE.

devoirs se sont agrandis , son être s'est élevé, la perfection qu'il voulait atteindre ne suffira plus k ses vœux. Il se contentait d'imiter, il veut sui*passer tout ce qu'il admire. Ses efforts seront des plaisirs , ses peines des moûfs d'espoir. Les lois saintes de la nature , l'amour sacré de la patrie , les soins touchans de l'humanité , viendront l'occuper sans cesse : plus il leur sera fidèle , plus il pourra se flatter de plaire à èelle dont il veut être estimé. Si sa piété tendre et soumise s'immole aux auteurs de sa vie, si son courage aflronte la mort pour le salut de ses frères , si le cri d'un infortuné le dépouille de ses richesses , son amante doit le savoir : cette seule idée lui rend tout facile. Une secrète voix lui dit toujours : Elle te regarde , elle t'entend ; elle est le témoin invisible de tes actions, de tes pensées. Atissitàt s'enfuit de son cœur tout sentiment qui pourrait le corrompre, aussitôt toutes les vertus s'j rassemblent autour de l'image qui le remplit et le purifie.

Gonzalve, en quittant la princesse , a senti redoubler son ardeur pour la gloire ; mait celle des combats ne lui suffit plus. Depuif qu'il est sûr d'être aimé, son cœur, devenu plus aimant, éprouve le besoin nouveau àt cette gloire douce, paisible , dont on peut

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