‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 84 sur 135 · LIVRE VII. i · texte numérisé non relu

LIVRE VII. i

jOQÎr sans la renommée , que ne donnent pas toujoars les exploits, que donnent toujours les bonnes actions. Forcé de yivre loin de Zuléma, il né peut tromper les douleurs de l'absence qu'en l'employant & devenir le plus généreux , le plus grand des bommes. Depuis qu'il a voué son bras , ses jours , sa valeur , tout son être , à l'objet le plus vertueux dont l'univers soit embelli , c*est par des actes de vertu qu'il veut désormais compter ses instans. L'amant chéri de Zuléma doit être audessus de tous les mortels ; il faut qu'il devienne plus qu'un héros pour se trouver égal à son sort.

Occupé de ces nobles idées , Gonzalve , avec le bon Pedro , prend le chemin de Grenade Il travers les montagnes des Alpuxares. Sa route est longue et pénible ; il marche au milieu de. ses ennemis. Le sage Pedro l'oblige souvent à choisir des sentiers déserts; plus iouvent l'impétueux Gonzalve s'expose et brave les périls. Dans ces régions à demi-sauvages, l'aspect d'un' vieillard délaissé , d'un malheureux qu'il veut secourir, d'un opprimé qu'il peut défendre, arrête les pas du héros. 11 répand sur les indigens l'or dont la prin* cesse a chargé le captif;, il combat , triomphe , pour Tcnger les faibles, suspend sa course

Gonsalve. a. 12

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par ses bienfaits , et s'excuse auprès du yieillard, qui lui fait de tendres reproches en pleurant d'admiration.

Tandis qu'ils s'avancent tous deux dans les montagnes d'Alhama , l'époux d'Isabelle a tout préparé pour accomplir les desseins de la reine. Déjà, dans les forêts yoisines, les pins, les ormes tou£^s , l'antique érable , le chêne superbe , ont tombé de toutes parts sons le fer des Castillans. Des taureaux soumis aa joug transportent ces bois au milieu de l'enceinte ; d'autres j traînent des rochers brisés. La chaux bouillonne dans des lacs conyerts d'une épaisse fumée; et mille mains / formant une cKaine , dépouillent le Daro de son sable d*or.

En même temps lV)n voit arriver de Valence et d'Andalousie , des vivres , des armes , des troupes. L'abondance est rendue aux soldats y les trésors d'Isabelle leur, sont prodigués. La moitié de l'armée , toujours en bataille , protège les travaux de l'autre moitié. La reint elle-même préside aux ouvrages, excite, anime ses guerriers , leur annonce un« victoire sure, et persuade au dernier d'entre eux que c'est de son courage qu'elle l'attend.

StB vaillans chefe secondent son xèle. Lara surtout^ le brave Lara,' ne quitte pas un mo-

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