LIVRE VII. i
ment les armesT Le Jour , à la tête de5 Castillans, i^ range dans la plaine leurs bataillons, et s'étonne que les Grenadins demeurent oisifs sous leurs tentes ; il ignore qu'Almanzor blessé ne peut les mener au combat, que sous un autre général les Maures craignent une défaite. La nuit , suivi de cavaliers , Lara se promène autour de Tenceinte , veille sur le repos da ' Tarmée , et , sans cesse occupé de Gonzalve , il tourne souvent ses pas vers la mer.
Dans une de ses courses nocturnes , accompagné de cent cavaliers , Lara , qui songe à son ami , s'éloigne des retrancbemens , et laisse flotter au basard les rênes de son coursier. 11 marcbe au milieu du silence : la lune , du haut de son char , répand sa lumière argentée -, Toiseau de la nuit trouble seul les airs par un cri lent que l'écho prolonge ; tout repose , tout est tranquille dans la solitaire campagne , où brillent au loin quelques feux errans..
Tout à coup le"! héros surpris entend les accens d'une douce voix ; elle chantait en arabe ces paroles :
Je vais revoir la beauté que j^adore , (Un plaisir pur doit seul remplir mon cœur ; Et malgré moi ce cœur murmure encore; Baus son ivresse il connaît la fureur ! Transports jaloiiz, crainte cruelle,
i36 GONZALVE DET CORDO0E.
Pourquoi troobler mes tendres feux?.
Ah 1 2k)ra , que n'es-tu moins belle 1 Sans cesser d'être aussi fidèle, Ton amant serait plus heureux.
Dans nos forêts la charmante gazelle A tout mortel se cache arec efiroi :
Imite-la, fiiis les rege^xls comme elle; Elle est sensible et douce comme toi.
Transports jaloux, crainte cruelle,
Pourquoi troubler mes tendres feux?
Ah ! Zora, que n es-tu moins belle !
Sans cesser d'être aussi fidèle ,
Ton amant serait plus heureux.
O TAIN espoir de mon âme éperdi^i Peux-tu cacher tes attraits enchantenï*?
Le beau palmier qui monte dans la nua N'échappe point aux yeux des voyagjeuri.
Transports jaloux, crainte crueUo,
Pourquoi troubler mes tendres feux?
Ah ! Zora , que n'es-tu moins belle l
Sans cesser d'être aussi fidèle,
Ton amant serait plus heureux.
Lara surpris regarde , ei^amine , et décourre, aux rayons de la'lune, un jeune guerrier à cbeyal. Sa tête est ceinte d'un turbao noir; une courte tunique blanche le couvre à, peine ; une brillante chaîne d'argent traverw cette tunique, et porte un large cimeterre.