‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 88 sur 135 · LIVRE Vit. ]4i · texte numérisé non relu

LIVRE Vit. ]4i

du moias , par sa confiance , plaire à son généreuiL vainqueur. Tous deux s'avancent audevant de la troupe ; et le Numide commence en ces termes :

Heureux le mortel obscur qui , sans ran]^ , •ans biens , sans naissance , ne connaît d'autres devoirs que ceux de la simple nature , d'autres plaisirs que d'aimer , d'autre gloire que d'être chéri ! Insensible à ce vain orgueil dont nous avens fait notre premier besoin , il ne quitte point sa patrie pour aller chercher dans d autres climats des périls ou des tourmens qui n'étaient pas destinés pour lui. Il ne vit poittt éloigné du doux objet de sa tendresse , «t n'ajoute pas aux peines inséparables de l'amour la peine la plus cruelle de l'absence , que la nature lui avait épargnée. Tranquille , il coule ses jours aux lieux où ses jours cornmencérentv L'arbre sous lequel il jouait cnfont , il s'y repose avec son épouse , il j dormira vieillard. La chaumière qui l'a vu naître voit naître ses fils et ses filles. Rien ne change pour lui , rien ne changera. Le même soleil l'éclairé y les mêmes firuits le nourrissent , ia même verdure réjouit ses jeux ; et la même compagne, toujours plus aimée, le fait jouir dou}»lement des bienfiuts de la nature , des délices de Tamoûr ^ du charme de l'égalité.

i4» GONZALYE DE CORDOUE.

Tel devait être mon sort , tel il était araQt la guerre He Grenade.

Je snis né parmi ces peuples pasteurs qui, tans villes, sans demeures fixes, habitent sous des tentes avec leurs troupeaux , transportent leur camp de pâturage en pâturage, et vont errans dans les déserts depuis le pied de l'Atlas jusqu'aux frontières de l'antique Égjpte. Ces peuples descendent des premiers Arabes, qui, •ortia de l'heureux Yémen , sous la conduits d'Tafrik , vinrent soumettre ces vastes contrées , et leur donnèrent le nom de leur chef (i). Les vaincus ^ent relégués dans les villes* Les vainqueurs» qui de tous les temps ne respectaient, ne chérissaient que la vie pastorale, gardèrent pour eux les campagnes, et répandirent leurs tribus épairses dans Vimmense pajs des palmiers (a).

Là, nous avons conservé le» moeurs, les coutumes de nos ancêtres. Là, chaque tribo séparée enferme ses troupeaux, ses richesses, dans un cercle entouré de tentes , filées do poil des chameaux. Libre , mais soumis à na cheik , le camp forme une république qui H fixe ou se déplace, décide la guene ou li

(i) Vojex le Précis historique, premiète épofÊit, (a) BiicDULGÉBm s^nifie pats zibs ]

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