‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 89 sur 135 · LIVRE VH. «4S · texte numérisé non relu

LIVRE VH. «4S

ptix^ d'après l'ayis des chefs de famille. Notre eheik nous rend la justice; et le code de toutes nos lois se réduit à cette simple maxime : Sois heureux sans nuire à personne.

Nos biens consistent en chameaux ) dont l'infatigable ivitesse peut nous transporter en lin jour à deux cents milles de nos ennemis ; en coursiers inestimables pour leur courage , leur intelligence , leur attachement à leur maître, dont ils deviennent les plus chers compagnons; en brebis , dont la fine laine est notre seul yétement, et dont le lait délicieux •st notre unique boisson. Contens de ces préftens du ciel , nous dédaignons l'or et l'argent qi}e nos montagne? nous prodigueraient, sf nos mains , aussi avides q[ue celles d'Europe , s'abaissaient à fouiller nos mines. Mais les ver* dojans pâturages, les plaines d'orge et de fiz , nous paraissent bien préférables à ces dangereux métaux, source des malheurs du monde, et que vous-mêmes, dit>on , saut doute pour vous avertir de» crimes qu'il» doivent causer , ne faites arracher de la terre que par les bras de vos criminels.

La paix , l'amitié , la concorde , régnent au lein de chaque famille! Fidèles à la religion que nos père» non» ont tran»mise , nous adoton» an seul Dieu , nous honoron» son pro«

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phite. Sans fatiguer dob faibles esprits k commenter son livre di'fio , sans nous piquer do coupable orgueil d'interpréter ses maximes saintes , nous sommes toujours surs de les suiyro en exerçant les devoirs de Thomme, en pratiquant les douces, vertus que la nature grava dans nos ^cs avant qu'elles fessent prescrites dans le sublime Coran. Nous pensons qu'une bonne action vaut mieux que toutçA les prières; que la justice et laumône scrnt plus sacrées que le Hhamadan; et con» traints, dans nos déserts de sable, de manquer à quelques ablutions , nous tâchons de les rem|rlacer par la charité, par la bienfaisance» surtout par l'hospitalité. Fidèles, de* pnis quarante siècles , à ce devoir facile à nos cœuis , notis le révérons comme le premier , nous le chérissons comme le plus doux. Tout étrangei , fiXt^il ennemi / qui touche te seuil dQ nos tentes , devient pour nous un objet sacré. Sa vie , ses biens , son repos , nous sem> bl^nt un dépôt précieux que l'Éternel iwMis confie ; nous lui demandons chaque jéHr ee nous accorder cet honneur ; nos chefs de fa* mille se le disputent^ Jamais aucun d'eux ne prend son repas dans sa tente, sa table eU toujours k l'entrée; des sièges y sont pré» parésj et le maître n'ose prendre place g»'** ,

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ftèê avoir orîé trois foijS { An oom de Diea » p^ det bumaiiis , s'il est ki un yojrageur , 1^ lncUgdiU, un malhtiirèux , qu'il YÙsnnfi fKtlB^v mon pain y qu'il vienne me eontet ses peines.

G'ent pATtiû pes boomies si simples , dont les mOBUTf sont toujours les mêmes depuis la nails^HÂe du fils d'Agar, c'est au milieu du 4é«ert de Zabj que je vins au monde, pour allouer Zova ; Zora, la plus chaste » la plus belle d«es filles de ma tribu; Zora, qui, dèà son enfance, léguée k mon père par son meilleur ami , ht élevée avec moi , ne me quitta pa» d'un instant, m'abna presque ausshÀt que y l'aimai, et ne pourrait me rappeler l'époque où commença cet anoQr si tendre» Mon père ^ cbeik de ma tribu, vit naître, encouragea nos jennes Icux; il nous pressait souvent sur son sein, nous appelait ses deux en&ns, nons partageait ses douces caresses. Avant de savoir ce que c'était qu'un époux, Zora me d^tmait ce» nom; je la nommais aussi mon cp^vEse; et mon père , en joignant nos mains ^ me disait : Ismaèl , mon fils , aime toujours , aime toute u vie la fille de mon ami. Croisses ensenible en vous chérissant, comme les deux palmiers qui, près l'un de l'autre, s'élèvent devant ma tente. Vous consolere* ma vieil-

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IcBse, TOUS soutiendrez mes pas chancekiif dans la descente rapide qui déjà m^entraint au tombeau : l*hjmeii dans peu tous unira; et TOUS direz un jour à tos en&ns ce que j'ai tant de plaisir à vous répéter aujourd'hui.

Ayant d'avoir atteint ma douzième année , mon père m'avait enseigné à manier le javelot, à m^élaneer sur no coursier sans frein , k le £Mre voler sur le sable. Zora , pour ne pas me quitter , avait appris les mêmes exercices , avait cm les aimer parce' qu'elle m*aimait. Vêtue d'une tunique serrée par des agrafes d'or, l'arc à la jAain, le carquois sur Tépaule, elle accompagnait tous mes pas. Tantôt nous quittions nos troupeaux pour suivre la rapid| autrucbe, ou le dangereux chacal» ou la civette parfumée. Zora les perçait de ses traits , et je célébrais ses victoires. Tantôt , montés sur de- légers coursiers, armes de plusieurs javelots, à la tète d'un escadron de jeunes guorrîers^de notre âge, no As alliops chercher dans son' repaire le redôni;ablc litto. Nous le £[)rcions à coups de dards de sortir en rase campagne : alors nos clairons , nos tromr pef tes , faisaient retentir les échos. L'animal , furieux , rugissant , troublé par ce bruit belliqueux, s'élançait au hasard sur les coursiers, attaquait, renversait les chasseurs: mais je

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