LIVRE VIL
veillais sur Zora; toujours entre elle et le lion y j'aurais été déchiré avant que Zora fût blessée; j aurais mille ioU perdu la yie ayant que la sienne fût en danger. Bientôt, percé de toutes parts , le monstre expirait baigné dans «on sang, et le javelot de Zora portait sa dépouille sanglante.
O combien il m'est triste et doux de me rappeler ces temps trop heureux! combieui j'éprouve de plaisir k vous raconter longuement les mœurs de ma chère patrie ! La mémoire des biens qu'on n'a plus est uii derniec bien pour les malheureux. Tous les matins , au lever de l'iiurore, Zora, mes frères , mes sœurs, nous nous rendions devant la tente de l'auteur chéri de nos jours : là , nous attendions en silence l'instant souhaité de son réveil. De même qu'aucun de nous n'avait voulu se livrer au repos avant d'avoir reçu sa béné' diction , de même il la désirait encore pou recommencer le travail. Pressés à genoux autour du pillard, nous Técoutions faire la prière , invoquer pour noua le maitre du ciel; ensuite nous le serrions entre nos bras cares- •ans. Souvent il daignait venir avec nous conduire aux frais pâturages les chameaux, lus moutons bèlans , les coursiers bondissant parmi les cavales» les tendres agneaux qui
t^9 GOJfZALYB DB CORDOUE. . cherchent leurs mères. La campagne retentit de leurs cris, des flûtes des jetmeSf pasteurs, des chants des amans hcurenz, tandis qne nos iiemmes , restées aux tentes , te Uyrent adax soins confiés à leur sexe , filent la laiiie de nos hrebis, préparent notre nourriture ^ reiMttent Tordre dans nos retraites, éièrent, îos truîsent nos cnfans à bénit, k i*esp«etet leur père comme rima|;e auguste de Diea; et, quand nous rentrons à la fin du jour, kart embrassemens nous délassent g letirs caresses si désirées nous semblent plus douées eneé»re ' par la courte absence qui les fit arttendre. Notre amour, toujours aussi rif, quoique ' toujours satisfait^ se bâte de à^etprimet par mille fi^vreaux témoignages « le jeune époux , k joute amant , x«nd eoinpt« k cciUe qnll aime dt te qu'il a fidt pendant la journée, loi dit k tendre obànson où ses appàs sout célébrés. On f tend ense^ible le tépàB du soir: le ti% cuit il la &unée , le eheVr^au sur les eliaibons aidens, les dattes firadcbeSfL voilà nos meia) ils suffisebt'à nofre santé toujours robuste , à no» dérin toujours modérés. Après oe repas frugal , les ykillards ,- itssis Au milièii d^ oerele, racontent les histoires des temps p«ssés , les exploits du bnaToKi^ed , les tnlis de bonté du sage AJbnamon , OU Ué maUfsass