‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 91 sur 135 · LIVRE VII. i · texte numérisé non relu

LIVRE VII. i

âtù deux amàiis que la fortune toulut optou- Ter. On verse de» plenrs sur leur sort; on ée Ivlîcîte f d'an doux regard , de ne pas sotifirir , Us mêmes traverses. Une prière commimè an^ sônee l'heure du repoS ; on remercie le ciel du jour heuretnc qui vient de finir, et Ton va goûter un sommeil ttanquilley.qui sera suivi d'un aussi beau jour.

Mon hymen avecZora vint mettre le comble il tant de félicité. Zora , portée sur un chameau dans une pjramide de gaze', fat promenée par tout le camp au son des flûtes et des timbales. Â travers le voile qui la cachait on distinguait la belle Zorà, Vêtue d'une ti>nique blanche , les oreilles , les janibes , les bras , chargés d'anneaux et de bracelets d'or. On la conduisit à ma tente , dont elle franchit le seuil sans le toucher de ses pieds légers» Mon père la remit dans mes bras ; et nos frères , nos sœurs , nos amis , restés devant mon pavillon , célébrèrent jusqu'au jour naissant l'amour de l'époux fortuné ^ la vertu de la tî« mîâe vierge»

Hélaé ! les son» de la tiompette succédèrent & des chants si donk. Mon hjmen à peine achevé, dc« aÉibailiadetirs du rd Boabdil vinreùt nous demander , au nom du prophète^ de prendre ks armes pour la cause de Dieu.

ï5o GONZALTE DE CORDOUE.

En&ns d'Agar , nous dirent-ils , vos firèret de Grenade Toas implorent. Cette snperbe ca-t pitale , cet unique reste de vos conquêtes ya * tomber au pouvoir des Clu^tiens. Des extrémités des Espagnes , les ennemis de notre loi se sont réunis sous nos murs. Maîtres de notre cité, ib passeront en Afrique; ils Tiendront brûler yos villes puissantes , réduire en cendres Tos mosquées y massacrer yos prêtres, outrager vos femmes; et, pénétrant jusqu'en ▼os déserts ,' ils porteront le fer et le feu au , milieu de yos camps paisibles. Vous tenterez de les repousser, mais leurs victoires les auront rendus invincibles ; vous invoquerex l'Étemel, maisTÉtemel vous punira d'avoir abandonné yos frères , d*avoir oublié si longtemps qu'il ne vous a mis sur la terre que pour prodiguer votre sang à la dcibnse de sa loi.

Ces paroles enflamment notre jeunesse et persuadent nos vieillards. Mon père , d'après leurs avis , décide que l'élite de nos guerriers doit marcher au secours de Grenade. Aussitôt le cri de guerre se £iit entendre dans le camp: Aux armes, Musulmans! auxannes! Achevai, enfans des déserts ! Que le zèle de Dieu vous guide î que la victoire suive vos lances !

A ce cri , dix mille guerriers sont déji sur

lilVUE Vit iSa

leurs coursiers rapides. Mon père en choisit six miUe , et m'en d onne le commandement. .

Zora , tremblante , éperdue , yient se jeter à ses pieds ; Zora le presse , le supplie de per- ; mettre qu'elle m*accompagne. Exercée au métier des armes, elle était digne de nous sudyre: elle l'était de nous commander. Mon père hésite cependant; mais les cris de mes eèmpa" gnons, les- pleurs qu'il voit sur mon visage', les prières de toute Farmée, décident enfin ta tendresse ; Zora doit partir avec moi.

Je ne tous redis point, seigneur/ les tristes' adieux faits à mon père ; je ne vous peindrai point sa douleur à cette cruelle s&paration. Mes larmes coulent à ce souye&ir : je Yois encore ce yieiillawl yénéiabie me quittant pour serrer Zora contre son sein , la laissant pour me reprendre , nous recommandant à tous deux de nous montrer dignes de lui , dignes de notre patrie , mais de ne point trop rechercher des périls au-dessus de nos forces.. Zora ne pourrait te suivre, me dîsait-il en pleurant ; et pourtant Zora te suivrait : tu serais cause de sa perte, tu ne lui survivrais pas ; et ton imprudence^ mettrait au! tombeau ton épouse avec ton père. Ménage tes. jours, mon cher Ismacl ; songQ que mes jeux paternels te suivront dans les batailles y qi)C mon

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Tandis qu'il disait ce» paroles » et qile mes pievriett à eheydl n'attendaient qae moi jioar pattîr , a« noir eorliean posé sur nn pahnier reinpliasatt Tair de ses cris ionèbres. Mon père le remarqua y mon père voulut suspendre le départ. Mais , peu ttnieiié de ses ynins pié- «flges, trop respectés de notre nation, je repoussai ses tendres terreurs , je le snpjfdiaî de cAcher sa sensibilité crédule , et, Fembrassant pour la dernière fois^ je m'élanfai lor moa coursier, suivi de la belle Zora.

Mous arrtvâizfes en pen de temps i^ Itt FtUe de la YictèJre (i) ^ où de» Taissetnx. de Boabdil reçuorem mes six miUe guerriers* Ifetre traversée fin heureuse* - Débarqués an part d'Almérie, nous nous rendîmes dans la eité Superbe que nous Tenions secourir. Boabdil BOUS piodi^a les caresses >' distribua nos fiérébèrés t^ez les ph» riches eitoj^M > et toiihit que; son palais même fùA l'aaile de mon ifpouse.

Mais le séjour 3e Grenade liana peu me de-

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(i) CAUoàxi, port àa YAMqoÊt, dognl le «s» tîgiiifie CTOB BBS VAiiK^injs.

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