‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 92 sur 135 · LIVRE VU t · texte numérisé non relu

LIVRE VU t

vînt oclieot. Le spectacle d un despote féroce, environné d'une coUr eorrompue, le méprit public des mœurs , de ces moeurs si révérées , si saintes chess notre nation, révoltaient les jeux de Zota. Son âiiie timide et chaste , ac-^ coQtamée à ne voir autour d'elle que Tinno* cence , la douce paix , s'eflfrajait à laspect du vite comme la gazelle devant le serpent.; Ello voulait retourner en Afrique , elle me demandait c'haque jour dé ràrraéher de cette cour impie , de Téloigner au moins de ce roi qui ne connah plus ni frein , nireiûordd, L'occasion «en offrit bientôt.

Almanzor , notre généra! , le seul digne de mon êstitaè , fut averti que vos Castillans méditaient d'attdquer Cârthame, ville où ô'est réfugiée une célèbre tribu. Gàrtbame, quoique imprenable, avait besoin de secours. Les Aben* eertageS qui la défendent , irrités dès longtemps contre lés Grenadiiis , ne voulaient recevoir dans leurs murs que des troupeft étrangères : le braVe Almanzor vint me dé* mander de faire partir mon épouse avec mille die mes Bérébères. Cette séparation me dt frémir. Je né pouvais abandonner le reste de mes èavaliers ; je ne pouvais vivre éloigné de Xora; mais le désir qu'elle témoignait de fuit Boabdil et sa cour , Télbge que faisait Almafti-

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zor des yertus des Abencerrages , la fidélité de mes compagnons^ qui tons seraient mort»

pour Zora, me déterminèrent enfin. Je conduisis mon épouse k Carthame. Osman , le perfide Osman , gouyemeur de cette cité , lui prodigua les respects , m^invita moi-même k venir souyent reyoir Tobjct de mes amours. J'étais tranquille, j'avais rejoint Almanxor; et , presque toutes les nuits , m 'échappant seul de Grenade sur mon infatigable coursier, j'allais passer quelques instans près de mon épouse chérie , lui rendre compte de mes pensées , entendre et répéter nos sermens.

Ces fréquentes entrevues adoucissaient les peines de l'absence , calmaient le douloureux tournent d'exister ailleurs qu'auprès de Zora. Un tourment plus afirèux encore est venu se joindre à mes maux. J'ai su , depuis ce joui seulement , que le gouverneur de Carthame » qu'un de ces Abencerrages qa*Almanxor m'avait peints comme des héros, qu'Osman enfin, le coupable Osman , osait brûler pour mon épouse ,. et lui avait déclaré ses feux.

Non , seigneur , vous ne savez pas , vous ne pouvez pas concevoir le funeste, le terrible empire que la jalousie exerce sur nous. Cettt passion redoutable est la plus vive, la plm violente que l'on connaisse dans nos climats.

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