‹ Gonzalve de Cordoue; ou, Grenade reconquiseChapitre 98 sur 135 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

PouicuB de Lara; il rend lés derniers devoirs k Ismaël et à son épouse. Arrivée de Gonsalve. Joie de rannée. Transpore des deux amis. Terreur des Maures; ils veident âkir dans leur ville. Almansor les arrête. Il enroie dëfier Gonzalve. Isabelle accepte, le défi. Tounnens du héros» Un troubadour Tient le chercher. U trouve Zuléma dans un bois. Son entretien avec la princesse. Sa vertu l'emporte sur êoa amour : il revient à TaiDiée. H est arrêté par les Bérâ>ères. G>mbat et mort d'Almanzor. Bataille générale. Exploits et générosité de Gonsalve. Victoire des Espagnols.

O MORT l mort que l'on redoute , et qui seule donnes le repos , tu ne serais pas un malheur , si toujours tu frappais ensemble les amis &déles , les tendres amans. Cesser d'exister n'est rien , se quitter est le plus grand des maux H n'est pas i plaindre celui qui , vers la fin ou dès les premiers pas d'une glorieuse carrière , tombe et s'endort content de lui-même : mais son amante, mais son ami, qui demeurent avec sa cendre , qui ne conserrent de la yie que la faculté de souffrir, voilà les yrais in-

fi68 GONZALTE DE CORDOtTB,' fortunés , voilà ceux qui n^éritent nos lanaes. Inutile , étranger au monde , semblable au triste yojageur isolé dans des régions lointaines , celui qui suryit à l'objet qu'il aime se croit au milieu d'un peuf^e sauvage; il parle, et n'est point entendu ; on lui parle , il ne peut répondre. La langue des indifférens est inconnue à son cœur; les bommes qu'il voit ne sont pas set frères, ils ne pleurent pas ooBMDiie lui. Inaccessible aux émotions douées^ même à celle de la vertu, il ne la regarde que comme un devoir ; il ne se souvient plus qu'elle est un plaisir. Seul , isolé dans l'univers , il erre en un désert immense, où rien n'intéresse sa vue, où ses jeux fatigués, éteints, cherchent seulement un tombeau. C'est là qu'il adresse ses pas , c'est là qu'il brûle de descendre, et le tombeau s'éloigne sans oesêe, O Zora! ô tendre Ismaëll dnmoins vous périsses ensemble; vos âmes, toujours réunies, vont s'aimer encore dans les cienz : ah! vcitresort,. tout affi^ux qu'il est , doit faire envie teacmu solituire qui n'a plus que des souvenirs.

Les deux époux malheureux venaient de terminer leur vie; la garde espagnole les en* vironnait, la tête baissée , les mains jointes, dans le silence^e la pitié, lorsque Lara, serti du conseil, après avoir obtenu du roi la liberté

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