III. Dans l'œuvre de Dieu tout est prévu et prédestiné
V. La prédestination n'oblige personne à faire le mal, car elle repose sur la persévérance dans le péché, prévue par Dieu.
L'auteur s'élève dans le chap. xxtv, »De condemnatione Gotteschalci », contre les procédés employés par Hinkmar contre le malheureux moine, u Puisque Gotts- « chalk avait attaqué des évêques, dit-il, c'eût été à d'autres qu'à des évêques à lui infliger sa punition. » — Au chap. xxv u Inaudita in Gotteschalcum crudelltatis exempla », il flétrit la cruauté montrée en cette occasion par Hinkmar, et termine le chapitre par ces belles paroles, page 1030 : «... lUa ejusdem miserandi homiîiis iamlonga etinhumana in ergastulumper tôt annos damnatio, aliqua, ut credimus, compassio7Ùs henignitate et consolatione faerat temperanda..., ut f rater pro quo Christus mortuus est,per caritatem etspiritummamuetulinispotiiLS lucrarelur,quamabundantiori tristitid absorberetur. » A la fin du traité, il attaque les théologiens qui ont soutenu Hinkmar. — Scot Erigène n'y est pas ménagé (c Ita phantasticis adinventionibus et errorlbusplenus (Scotus) est, ut non solùm de fidei veritate nullatenus iitconsulendus, sed etiara cura ipsis irrisione et dcspectione dignis scriptis suis, nisi corrigere et emendare festinet » page 1055.
(1) Voyez les Sacrosanct concilia de Ph. Labbe et G. Cossart, tome VIII, pages 56-58. — Quatre canons y furent formulés.
\° Prédestination des élus à la grâce et à la gloire; le châtiment seul o$t prédestiné aux réprouvés.
veritate, où chaque article du concile de Quiersy est examiné et refuté en même temps (1). L'église de Lyon devait imiter son chef; le synode de Valence (2), auquel quatorze évéques et trois métropolitains prirent part, fut la réponse au concile de Quersy. La double prédestination y fut nettement formulée et les écrits de Scot Erigène violemment attaqués.
Toute entente semblait désormais impossible; les conciles se succèdent : à Langres et à Savonières (3), on réédite les articles du concile de Valence. Charles le Chauve soumet les décisions de ces conciles à Hinkmar qui écrivit alors son grand ouvrage sur la Prédestination ; enfin le synode de Touzy (octobre 860), dont les canons sont si ambigus, et permettent par là une double interprétation, arrivera à calmer momentanément les esprits, sans toutefois les convaincre.
Si nous avons crû devoir esquisser à grands traits les différentes phases que revêtit la controverse sur la Prédestination, c'est, que, dans la plupart des livres que nous avons passés en revue, le nom de Gottschalk y est souvent cité, et ses doctrines y sont l'objet de débats passionnés. Toute la dernière partie du livre de Rémi est un plaidoyer éloquent en faveur du prisonnier d'Hautvilliers; et
2° Par le péché d'Adam nous avons perdu notre libre arbitre ; nous l'avons recouvré par Jésus-Christ ;
3» Dieu veut sauver tous les hommes, quoique tous ne soient pas sauvés ;
4° Jésus-Christ à souffert pour tous les hommes, quoique le mystère de sa passion ne soit pas « appliqué » à tous.
(1) Voyez Migne, tome CXXI, pages 1083-1134. « Sancti Remigii libellusdc tenandd immobilité)' sciipturœ veriiate ». Auchap. ii, Rémi, parlant des articles de Quiersy s'exprime de la façon suivante « Hœc (les articles de Quiersy) cum legissemus et adnjuncto nobis fratrum nostrorum bene studentium et reclc intelligentium collerjio, pia et « fiddi attentione singula pertractassemus, graviter percidsi et confuse anima, vidimus in eis « et Scripturx sacrx certissimain veritatem et bcatissimorumPatrum, prœcipuèque Sancti « Augustinl reverendam..., novo conatu et ausu nimis temerario impugnari, et quantum in « ipsis fuit^ improvidé atque Insolenter labefactari. »
(2) Sacrosanct.concit.P. Labb. et Cossartii, tome VIII, pages 134-136. — 23 canons la plupart dirigés contre les articles de Quiersy, y sont formulés. La doctrine de Scot y est traitée de « bouillie ». - C'était Ebon de Grenoble, neveu de l'ancien archevêque de Reims, qui rédigea les articles.
(3) Voir sur les conciles de Langres et Savonières, et sur le synode de Touzy, le livre de Schrôrs. u Der Erzbischof von Reims ^ Hinkmar ^ page 141.
somme toute, leg idées exprimées soit par Ratramne, soit par Rémi ou Prudence, ont leur point de départ dans les confessions de
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