râbles à la musique et dans cette catégorie de
7 l'idéal que Wagner devait appeler un jour le
' « pur » ou « l'éternel humain. »
Aussi bien, en ce sujet familier et voisin de nous, le langage musical n'a jamais ou presque jamais rien abandonné de son élévation et de sa noblesse^Quelques pages de Faust ont vieilli, dites-vous. Nous savons lesquelles, mais nous dirions plutôt qu'au jour même de leur naissance elles n'étaient déjà plus jeunes. Les autres, et combien d'autres, demeurent, non seulement respectées, mais consacrées par le temps. La\ partition de Faust, en somme, renferme peu de/ passages tout à fait^jn^^mfiants ou vulgaires. Par le style autant que par les idées elle occupe, et sans doute après un demi-siècle il est permis de prévoir qu'elle conservera parmi les chefsd'œuvre de France une place d'élection. Dans ^ff un cadre moyen, l'œuvre est grande. Elle l'est par l'intensité du sentiment et parja^pureté de la forme. Elle l'est, distances gardées, comme le temple athénien, dont Gounod écrivait un jour : « Il est grand par la présence de cette grâce suprême qui discipline et tranquillise la force et qui exclut du domaine de l'art toute emphase et tout excès. »
Faust demeurera chez nous ^exemplaire achevé d'un art que le maître encore — il avait le secret des formules profondes — aimait à résumer en deux mots, qui disont beaucoup : supérieur et prochain.