‹ GounodChapitre 6 sur 42 · vol. Paris, Calmann Lévy · texte numérisé non relu

vol. Paris, Calmann Lévy

b GOUNOD

d'un de ses camarades, qui l'avait connu fort âgé (il mourut au commencement de la Révolution) a décrit en ces termes l'aïeul du compositeur de Faust : « M. Gounod avait, dans ma tendre enfance, quatre-vingt-dix ans. Perclus de tous les membres, il était toujours assis dans un grand fauteuil roulant, devant lequel était fixée une petite table attachée aux bras mêmes de ce fauteuil. Il avait conservé les anciennes traditions du costume. Une robe de chambre à grands ramages et une coiffe de nuit portant une garniture dans le haut et un ruban de soie de couleur dans le bas, composaient sa tenue1. »

Le grand-père de Gounod avait été presque un artiste. Son père en fut un complètement. Elève de Lépicié, condisciple de Carie Vernet, second prix de Rome en 1783, les maîtres d'alors, les Gérard et les Girodet, les Guérin et les Gros, le tenaient pour le premier dessinateur, graveur et lithographe de leur temps. Un trait de Gérard, qu'a rapporté Gounod, témoigne assez de cette haute et commune considération. « Gérard, entouré de gloire et d'honneurs, baron de l'Empire, possesseur d'une grande fortune, avait de fort beaux équipages. Sortant un jour en voiture, il rencontra dans les rues de Paris mon père,

1. Voir, dans la Revue Libérale du mois de juillet 1884, un article de M. A. Pougin : Les ascendants de Charles Gounod.

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