L'ENFANCE ET LA JEUNESSE
« Six ans et demi : premières sensations musicales, le Freiscliiïtz à l'Odéon.
« Douze ans et demi : Otello aux Italiens, la Malibran.
« Treize ans et demi : Don Giovanni. »
C'est vrai, mais ses premières sensations, les toutes premières, il Fa dit aussi, furent dIus hâtives encore :
« Ma mère, qui avait été ma nourrice, m'avait certainement fait avaler autant de musique que de lait. Jamais elle ne m'allaitait sans chanter et je peux dire que j'ai pris mes premières leçons sans m'en douter et sans avoir à leur donner cette attention si pénible au premier âge et si difficile à obtenir des enfants. Sans en avoir conscience, j'avais déjà la notion très claire et très précise des intonations et des intervalles qu'elles représentent, des tout premiers éléments qui constituent la modulation, et de la différence caractéristique entre le mode majeur et le mode mineur, avant même de savoir parler, puisqu'un jour, ayant entendu chanter dans la rue (par quelque mendiant sans doute) une chanson en mode mineur, je m'écriai :
« Maman, pourquoi il chante en do qui plore ? "