I. Souvenirs, t. II, p. 379. — 2. Souvenirs, t. Il, p
3. Le passage du Journal de Morris ci-dessus rapporté montre que Morqau fie trompait : le fuit l'ut connu, sauf peut-être en ce qui concernait le rôle de Moreau.
■ifi GOUVERNEUR MORRIS
ment, ((('fendue par l'aristocratie ministérielle. M. d'Amécourt lui proposai divers projets de remontrances et M. de Machault, m'ajaiil prié de prendre la plume, me dicta quelques phrases qui eussent pu servir de réponse lorsque autrefois le ministre s'imaf^iniiil tout faire avec la grande députation, en remettant quelques mots insigniHants aux députés. Mais une résolution qu'il exprima positivement et sur laquelle il me parut inéfaranlabli? lut celle de ne jamais s'établir à Versailles et surtout de n'j jaujais prendre place dans le Conseil', n Voilà, certes, un saf^e vieillard: mais que penser des politiques qui songeralunl. dans cette heure terrible, à exhumer ce fantôme du passé, pour le mettre sur la brèche!*
.l'ai dit plus haut que si le roi avait promulgué en 178700 en i-^iiH une charte de libertés, semblable à celle qu'il apporta dinis la SL-ance royale du 33 juin 1789, probablement le cours il^'s clioses eût changé. On peut objecter que presque toutes les îdi?ps et les promesses contenues dans ce dernier document se tiniiicnl déjà dans les dernières pages du rapport que Necki'r pié.senta au Conseil le 37 décembre 1788 et sur lequel l'ut dLi'idé le mode de convocation des États généraux. Elles élaienl présentées simplement comme les vues, les soahails, les iiili'iiiirms du roi : mais le contenu est h peu près identique déport cl d'autre et même le a3 juin 1789 toute la partie qui ne eontcine pas la tenue des présents Étals est encore présentée sons cette rubrique : Déclaration des intentions du roi '.
On peut ajouter que ces déclarations ne passèrent pas inaperi;ues di's contemporains. Le 3 janvier 1789 l'abbé Morellet écrivait a lord Slielburne: « Enfin hier a paru le rapport fait par M, Decker au Conseil et la décision qui y est jointe. On accorde un tiers état ce qu'il demandoit; on y annonce sans équivoque des plans et môme des résolutions du roi qui tendent â iinuBdonner une Constitution, sinon parfaite, au moins bonne â mon avis et susceptible d'ailleurs de s'améliorer. En général, le rai s'y réunit h sa nation et l'aristocratie, celte
l. Souven,r,.t. II. p, 38j.
3, Vuje,: I3u>er{;wr, Coffccrtion cemplilt des his. décrits.
tyrannie de délall, plus pesante souvent que le despotisme, y est contenue. Liberté civile, liberté de la presse, États provinciaux liés aux États généraux. États généraux périodiques, enfin une partie considérable de ce que demandent tous les bons esprits et tous les bons citoyens, se trouve annoncée dans ce rapport que vous lirez sûrement, avec un grand intérêt * . » -vCela est vrai. Mais Tabbé Morellet se contentait de peu, puisque les États généraux eux-mêmes étaient pour lui presque trop. Tout cela c'étaient des vues, des intentions, des projets qui n'avaient même pas encore la forme plus précise qui leur sera donnée le 28 juin. Ce qu'il eût fallu, pour dominer la situation et diriger le courant de l'opinion, c'était une Constitution complète, précise et promulguée, un acte définitif de la royauté et non plus de vagues promesses.
Le gouvernement de Louis XVI n'avait pas su prendre la direction de la Révolution. Bien plus, en convoquant les États généraux, il laissait ouvertes des questions capitales : parfois c'était lui-même qui les avait posées sans les résoudre.
En premier lieu, le rapport du 27 décembre 1788 et le règlement du 24 janvier, qui l'avait suivi, avaient introduit une importante innovation, le doublement du Tiers, c'est-à-dire que le tiers état allait avoir à lui seul autant de députés que les deux autres ordres réunis. Cela était bien conforme au vœu de l'opinion publique : l'abbé Morellet le constate lui-même : « La noblesse et le clergé manifestaient un vœu non seulement antipopulaire, mais antinational '-. » Ce n'était point non plus tout à fait une nouveauté. Neckcr, durant sa première administration, avait construit d'après ce principe les diverses assemblées provinciales qu'il avait créées à titre d'essai ; on l'avait également suivi pour les assemblées provinciales que l'Édit de 1787 avait établies dans tous les pays d'élection. Mais là, dans ces corps administratifs, on avait accompagné