I. Mémoires, t. II, p. k
•1 . The members of the law (not lawyers) Morris entend sans doute par là la haute magistrature. Mais son appréciation est très contestable, car cette magistrature a fourni de notables recrues au parti démocratique.
3. T. I, p. 277. Voyez ci-dessus, p. 16, la suite du passage.
Ce tableau était très exact. Mais la grande majorité qui avait voté les parties essentielles de la Constitution, acceptées par le roi au 6 octobre, c'est-à-dire la déclaration des droits, la Chambre unique et permanente, le veto suspensif, et de plus les loisd'organisation administrative et municipale, l'abolition des ordres et des privilèges, n'avait pas tardé à se diviser, et ce fut la portion la plus avancée qui prit la direction du mouvement^ celle qui ne faisait qu'une avec la société des Jacobins et avait à sa tête le triumvirat, Lameth, Duport et Barnave. Morris, alors encore en Angleterre, note cette phase de l'évolution : « Les nouvelles de Paris (3o mai 1790) sont que tout est de nouveau dans la confusion. La populace a dispersé la Cour du Chatelet et pendu plusieurs personnes détenues pour crimes. Le motif de cette émeute a été de prévenir une enquête sur les excès antérieurement commis à Versailles * . De plus, le projet des démagogues, c'est la rumeur qui court, est d'écarter La Fayette et de mettre La Meth à sa place. Ce serait une curieuse nomination. Mais il semble que la France va maintenant être gouvernée par Barnave, Chapelier, le baron de Menou, le duc d'Aquillon et autres de la même marque. Heul'eux royaume ^ I »
Le 26 juillet 1790, il revient sur cette scission dans une lettre à Short, et il insiste en même temps sur ce mouvement constant en avant qui, comme une loi fatale, semble entraîner les Assemblées libres de ce pays, et, dans la compétition des partis, pousser constamment rur le front ceux qui représentent l'idéal démocratique le plus intense : « Comme vous pouvez le supposer, j'ai été avisé du schisme qui s'est produit dans le parti démocratique et je n'en ai point du tout été surpris. Unis par le danger commun, des éléments très discordants avaient été assemblés, lesquels avaient été rapprochéspar des motifs différents. Le danger passé, en apparence au moins, les différentes prétentions se sont produites et (malheureusement, je le crois), aucun homme ou groupe
1. Il s'agit de rinformation ouverte au Chatelet sur les excès des 5 et (> octobre 1789.
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d'hommes, n'a osé s'arrêter à ce point de modération où seulement peuvent être trouvés les bons principes et par lequel peut seulement exister un bon gouvernement. Ceux qui courtisent le peuple ont une maîtresse très capricieuse ; une maîtresse qui peut bien être gagnée par des sacrifices, mais qui ne peut être ainsi attachée, car elle est insatiable. Les foules ne resteront jamais attachées à tout homme qui sacrifiera son devoir à leur caprice. Dans les temps modernes, nous avons, je le crois, plus de vertu* que les anciens ; nous «ommes plus décents. Mais les principes de la nature humaine sont les mêmes, et nous trouvons que les desseins de l'homme sont aussi tels, si nous pouvons seulement soulever le voile de décence de la jeune ambition. Si nous ne le pouvons pas, elle nous épargnera ce soin, toutes les fois que seront renversées les barrières qui avaient été dressées contre elle par ce grand allié de la vertu, la loi. A mesure que la Révolution paraîtra se compléter et que le nouvel ordre de choses paraîtra mieux établi, les schismes se multiplieront parmi les Révolutionnaires (Jïévolationisls), car chacun (d'une façon désintéressée sans aucun doute) désirera une part des bonnes choses qui se préparent, et dont, vous savez, de par /es c/roi/scfe/'/io/nme, tous sont appelés à jouir. Je me rappelle que dans une des premières adresses du Congrès, il était parlé de la luxure d'être libre. Maintenant le génie français peut raffiner en ce qui concerne celte luxure comme il avait l'habitude de le faire pour l'autre : mais malgré leur talent en fait de raffinement, j'ai peine à deviner sur quel terrain se placeront à l'avenir les hommes qui voudront signaler leurs principes démocratiques. Ils ne seront, je le crains, que les humbles imitateurs de sir John Brute qui, échauffe par son zèle et par le vin, buvait à la confusion de tout ordre ^. »
Il ne manque pas de signaler la puissance et l'action du club des Jacobins, sans en faire cette analyse pénétrante et profonde qu'on trouve dans Mallet du Pan ^. En effet, en dehors des corps constitués, les clubs et sociétés populaires furent la seule organisation politique qu'ait connue la Révo-