‹ Gouverneur MorrisChapitre 46 sur 150 · I. 1, II. |i, 1. — î. T. II. [>. 3a.— 3. T. 1, p. i5ù · texte numérisé non relu

I. 1, II. |i, 1. — î. T. II. [>. 3a.— 3. T. 1, p. i5ù

toujours sur la prudence*. » Il ne développe pas d'ailleurs son jugement. Cela n'était pas nécessaire quant au système des deux Chambres, qu'il considérait évidemment comme une donnée fondamentale de la science politique. Gela eût été intéressant quant au vélo suspensif qui avait été accepté par Neckeret par Louis XVI. Locke et Montesquieu avaient montré que, dans la monarchie constitutionnelle, le veto absolu, cet empiétement apparent du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif, était en réalité la garantie nécessaire de la séparation des pouvoirs. Sans cela, le pouvoir législatif pourrait modifier à son gré et réduire à rien les attributions de la puissance executive. Mais à cela Sieyès répondait que la démonstration était exacte dans la monarchie anglaise, où le pouvoir législatif, souverain de sa nature, pouvait légiférer jsur la Constitution même ; mais qu'en France les droits du roi étant inscrits dans une Constitution intangible pour le pouvoir législatif, trouvaient dans cette Constitution même une garantie suffisante. C'est par transaction entre ces deux thèses, qu'on avait adopté le veto suspensif, la pire des solutions, car il prolongeait les conflits au lieu de les résoudre.

VU

Mais, dans la Constitution nouvelle, deux séries de réformes paraissaient à Morris bien plus graves encore.

C'était d'abord l'abolition des privilèges et des ordres priyilégiés. Bien qu'il traite, nous l'avons vu ^, assez durement les privilégiés, Morris est en France leur défenseur. C'est l'eflet de son esprit conservateur ; c'est, en partie, la conséquence de théories politiques très curieuses et très profondes.

Il se montre conservateur au point de considérer comme un

véritable attentat à la propriété, la réduction, considérable il

est vrai, des pensions servies aux gens de cour par l'ancienne

' monarchie. « Je vais au club (4 janvier 1790). L'Assemblée

nationale a suspendu le paiement des pensions,» accordant

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