‹ Gouverneur MorrisChapitre 54 sur 150 · T. I, p. 232. — II. T. I, p. 3Go · texte numérisé non relu

T. I, p. 232. — II. T. I, p. 3Go

•comme nous Tavons déjà fait remarquer, dans celte révolution qu'il condamne et qui foule aux pieds toutes les règles de la sagesse politique, il sent une grande force, une profonde rénovation qui s'opère autour de lui. 11 ne se contente pas de <lire : « Malheureuse France, être déchirée par la discorde au moment où des conseils sages et modérés t'auraient conduite au pinacle de la grandeur humaine * ! » Au commencement de février 1 79 1 » il écrit à Washington : « Au milieu cependant de toutes ces confusions, par la eonlîscation des biens du •clergé, la vente du domaine, la réduction des pensions, la suppression des offices, et spécialement par ce grand liquidateur de la dette publique, le papier-monnaie, cette nation fraie sa voie vers un état d'énergie active, qui, je le crois, se -déploiera aussitôt qu'un vigoureux gouvernement se sera établi. La confusion qui en résulte suscitera probablement des hommes de talent, pour former ce gouvernement et utiliser sa puissance^. » En septembre 1791, le jour où se clôt la session de l'Assemblée constituante, parlant des plans des émigrés, de l'appui qu'ils attendent des monarques européens, il dé- •crlt presque, par une vue prophétique, les futures conquêtes de la République et de l'Empire : « La partie faible du royaume dans l'état actuel, c'est la Flandre ; mais si les provinces d'Alsace-Lorraine, la Flandre française et l'Artois lui étaient arrachées, la capitale serait constamment exposée aux visites de l'ennemi. L'acquisition de ces provinces, comme vous le savez, a coûté énormément de sang et d'argent et, si Louis XIV avait réussi à faire du Rhin sa frontière de la Suisse à l'Océan, il aurait presque obtenu les avantages d'une position insulaire. En vérité on peut difficilement s'empêirher de souhaiter que les pays compris dans ces frontières soient unis sous un libre et fort gouvernement, car, selon toute probabilité humaine, ce serait le moyen de répandre sur toute l'Europe dans un avenir prochain les bénédictions •de la liberté^. » Le i3 février 1793, au moment le plus tragique de la Révolution, il écrit à Jefferson : « Quelque

I. T. I, p. 228, 6 novembre 2790. — ?.. T. I, p. 383. 3. T. I, p. ^|58.

étrange que cela puisse paraître, la présente guerre est, de la part de la France, une guerre d'empire ; si elle peut se défendre, elle commandera au monde*. » En 1807, il pouvait donc, à bon droit, se vanter d'avoir sur ce point prévu l'avenir : « Que la France, écrit-il à cette époque, deviendrait le pouvoir dominant du monde, à moins qu'elle ne fût contenue par la sage et vigoureuse application d'une force supérieure, c'était mon opinion arrêtée, exprimée à ceux quelle pouvait intéresser en 1796, 1796 et 1797. Cette opinion n'a jamais changé. Elle fut formée en 1789, et insinuée dans les premiers mois de Ï790 aiix réflexions de ceux qui auraient pu alors non seulement sanseflbrt, mais sans le moindre hasard, empêcher bien des maux, en s'assurant la gratitude et les applaudifisements de millions d'hommes. La providence en a ordonné autrement^. »

Enfin, comment devancent encore des temps plus lointains et les malheurs qu'a vus ma génération, voici ce qu'il écrivait au comte Vorouzoffle 4 septembre 1807 (en français) : « Les raisonnements politiques se réduisent maintenant à des «calculs sur la vie de l'empereur corse. La Confédération du Rhin, si on 4 le bon esprit d'en faire un corps d'Étals et non une anarchie, comme la ci-devant Confédération germanique, deviendra le frein de la France et le salut du monde. Qu'on mette à sa tête un grand homme, en y ajoutant l'Alsace, et tout est sauvé ^. » Mais revenons aux jours de l'Assemblée constituante.

Ce qu'il eut surtout fallu à la France d'ans le dernier trimestre de l'année 1789, c'eut été, au centre, un gouvernement habile et énergique. On ne pouvait le trouver dans le roi, ni dans ses ministres actuels, les anciens ministres du pouvoir personnel ; mais ce pouvait être un ministère a}ant en lui la force de l'iVssemblée nationale, c'est-à-dire réunissant

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