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les talents les plus éminenlsqui a'jélaient révélés et gouvernant d'accord avec la majorité. Deu» hommes te comprirent et agirent en conséquence ; Mirabeau et Gouverneur Morris.
On sait qu'à cette époque Mirabeau s'ellorça d'entrer au Ministère. Voici comment le comte de La Marck. avec lequel il avait dès lors des relations politiques, résume les faits dans les notes publiées par M. de Bacourt : « Les billets échangi's entre Mirabeau et mot au mois d'octobre 1789 établissent bien quelle était alors sa situation. Des embarras pécuniaires entravaient sa marche. Les avances que je lui faisais le soulageaient, mais ne guérissaient pas le mal. Il fallait à Mirabeau un grand secours : pour l'obtenir et surtout pour arrivera une position qui le mil k même de développer tous ses lalents, il chercha à entrer dans le ministère. L.a Fa^elle fui confident de ses projets ; une fois même il proposa à Mirabeau de lui remettre une somme de 5o 000 francs, prise sans doute sur la liste civile du roi, dont La Fayette disposait alors ; mais cette somme ne fut jamais remise. 11 lui proposa aussi une ambassade, qui ne devait être qu'un acheminement vers un ministère. Mirabeau repoussa toutes ces offres ; les circonstances lui paraissaient assez graves pourqu'il espérât se rendre bientôt le seul homme capable de soutenir t'édilice social prct à crouler... Mirabeau se préparait à attaquer le ministère; M. Necker devrait se retirer; la commotion serait sans doute très forte ; mais, c'est ce que Mirabeau désirait ; car lui seul était alors capable d'affronter la tempête'. » Tout cela va être confirmé par Morris ; quant au rôle que joua ce dernier. nous allons voir la suite entière de ses opérations.
Mais il se trouva que l'action de ces deux hommes, au lieu de s'appujer, se contraria. Morris avait contre Mirabeau une haine féroce. 11 le méprisait à raison de ses mœurs et dans son Journal il le traite avec une dureté extrême, presque B^ec grossièreté. Quand il parle de lui, les i''[iillii<l<'s : canaille, coquin (raseal, scoundrel) reviennent fréqnciiuiieiit sous sa
plume * . Il avait décrété que Mirabeau serait « toujours puissant dans l'opposition et jamais grand dans le gouvernement ^ » . Au moment même où commencèrent les négociations, dont nous allons parler, il écrit : « Le maire Bailly est, diton, incapable et désire se retirer. On parle de Mirabeau comme son successeur. Ainsi chaque pays a son John Wilkes. Il est rare de trouver un cœur pour résoudre, une tête pour dresser les plans et une main pour exécuter^. »
D'ailleurs il surveille Mirabeau de près. Le 11 octobre 1789, il note, sur une information venant de Mme de Flahaut : ce Mirabeau doit avoir ce soir une entrevue avec le roi (tout à fait privé et ignoré de tous, sauf de nous) *. » Le lendemain il rectifie : « Mirabeau a eu hier une conversation de trois heures, non avec le roi, mais avec Monsieur ^. » Le comte de La Marck, dans ses notes, parle aussi de cette entrevue ; mais ce serait lui et non Mirabeau qui aurait vu alors Monsieur ; et il lui aurait soumis un mémoire de Mirabeau, auquel il donne la date du i5 octobre 1789®. On voit néanmoins que Morris était bien informé. Plus tard, lorsque des rapports directs se sont établis entre Mirabeau et la Cour, il les connaît aussi. Il note le 3 mars Ï791 : « M. Brémond"^ et M. Bergasse viennent me voir.