T. I, p. 399. Cf. ci-dessus, p. i
3. Leur nom venait d'un club, la Société de 1789, qui se fonda au Diois de mai 1790 et siégeait au Palais- Royal. On voit parmi ses membres Bailly, La Fayette, Telleyrand, Sieyès, Chapelier, Condorcet ; Béimpression de l'A n- <ien Moniteur, t. IV, p. 368, 688 ; t. VIII, p. 3o6.
LES ÉTATS GÉNÉRAUX. L'ASSEMIiLLli CONSTITUANTE kji
comme dit Morris à cette époque. Quelque séparés qu'ils fussent, ils avaient fait ensemble la Constitution. La disparition de Mirabeau, le vide immense qu'il laissait après lui, semble les avoir fait réfléchir, douter d'eux-mêmes et sentir le besoin de se rapprocher les uns des autres. Peut-être les plus hardis d'entre eux inclinaient-ils, non seulement à des concessions en faveur de leurs adversaires, mais aussi en faveur <le la royauté, disposés à augmenter la portion congrue de pouvoir à laquelle ils l'avaient réduite. 11 pouvait en résulter un rapprochement, peut-être même une réconciliation entre . les chets de la majorité et la Couronne : le gouvernement pouvait, tout au moins, essayer d'utiliser ces éléments nouveaux. Par là s'offrait une occasion de négociations et de marchandages que Montmorin saisit en effet. Morris y met aussi la main, surtout celle de Brémond et nous allons voir Mme de Fia haut rentrer en scène.
C'est le 20 avril 1791 que Morris signale ces faits ; « Je rentre chez moi et lis jusqu'à ce que MM. Brémond et Jaubert me rendent visite. Les Jacobins négocient une alliance avec les Quatre-vingt-neuf. L'objet est d'empêcher qu'un décret rende les membres actuels inéligibles à la prochaine Assemblée*. » Le lendemain il rapporte à Montmorin ce qu'il a appris, et la réponse de celui-ci paraît montrer qu'il est déjà engagé dans l'aflaire : a Je lui communique la cause de la coalition projetée entre les Quatre-vingt-neuf et les Jacobins. Il me dit que, s'il l'avait voulu, il aurait fait passer depuis longtemps le décret d'exclusion. Mais il craignait le décret des quatre ans, qui a été adopté néanmoins 2. Je lui